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On se lève tous pour le boycott

Danone, cet escroc venu du frais

mardi 10 avril 2001,

C’est bizarre, je ne me sens pas très concerné par le boycott de Danone. Depuis un moment j’ai réussi à esquiver les courses au ’permarché et n’ai donc pas eu à faire face à mon manque de maturité politique face à cet enjeu.

C’est peut-être aussi parce que je reviens d’un pays où l’on ne trouve aucun des produits Danone et où la plupart des gens n’en imaginent pas même l’existence.

Peut-être aussi parce que je suppose que dans ses grosses usines Monsieur Danone et Madame Lu fabriquent leur propre concurrence, ces « marques distributeurs » qui neutralisent les parts de marché, améliorent les relations avec la distrib’ et permettent aux consommateurs moins solvables de participer au grand banquet.

Il y a beaucoup de gens bien plus spécialisés que moi dans le social qui vont vous expliquer que le dernier pouvoir qui nous reste, c’est celui de choisir quel maître nous allons enrichir, par un petit geste répété des milliers de fois par an, un geste rapide qui va du rayon au caddie…

Je voulais juste dire que Danone rame depuis des années pour nous faire croire que c’est une entreprise vertueuse et soucieuse du bien de l’humanité, alors que ses priorités sont très exactement semblables à celles de ses amis financiers.

Que dit Danone quand il parle à ses amis actionnaires ?

« Beaucoup d’équipes de direction, à tous les niveaux, ont été renforcées. Elles sont animées par une culture d’entreprise forte et par un projet d’entreprise motivant. Les membres des comités de direction ont un système de rémunération basé sur la rentabilité des capitaux investis et bénéficient de stock options : ils partagent donc pleinement les attentes de nos actionnaires et sauront transformer notre projet économique et social en un projet créant de la valeur pour tous les actionnaires. »

C’est pas du Rimbaud et n’importe quelle grosse boîte pourrait dire exactement pareil, c’est pourtant extrait du rapport annuel 99 de la maison Danone. Il y a même le mot social, un petit effort et ce mot là se verra bientôt privé de ses derniers restes de sens.

D’ailleurs, la-dessus ils sont à peu près honnêtes chez Danone, ils reconnaissent que les motivations de leurs décisions sont avant tout économiques. Notre Kessler national, qui parle encore davantage que s’il était chef de rayon chez Danone a « jugé “irresponsable” le boycottage, estimant qu’en fin de compte ce seront les salariés qui en pâtiront ». Ce mec sait trouver les mots qui touchent, lui il donne vraiment envie de renoncer aux petits Lu pour longtemps.

Social comme un Kessler, Danone milite aussi pour rendre obèses ses clients en leur faisant croire que c’est bon pour leur santé.

Là où la maison Danone se fout gravement de nous, c’est avec sa « stratégie » et ses priorités. Depuis pas mal d’années, cette vertueuse entreprise investit du blé pour que nous, pauvres consos, imaginions que Danone et santé sont des mots presque synonymes… et pendant ce temps là, œuvre pour l’extension de l’obésité dans le monde.

Associez dans une recherche internet les mots « snacking » et « Danone », vous allez trouver beaucoup de pages. La plupart vous diront des trucs du type « En France, cent cinquante nouveaux snacks déferlent sur le marché chaque année pour toucher enfants, adolescents et adultes. Danone l’a bien compris cette année et a choisi de décliner ses meilleures références en version “Danone Snack” : des yaourts à boire revisités pour une consommation adulte. »

Ce snacking, que Danone annonce depuis des années à ses actionnaires comme étant un nouvel eldorado, s’appelle en français le grignotage. Il concerne des produits fortement transformés, à forte valeur ajoutée, comme on dit chez les financiers. Et pour savoir quels sont les effets du grignotage, il suffit d’aller faire un tour sur un site confidentiel, celui du Centre de recherches et d’information nutritionnelles, je ne sais pas qui c’est, mais là où ils parlent de grignotage, c’est dans un dossier intitulé « L’obésité, nouveau problème de santé publique »

L’impact du grignotage sur la santé publique y apparaît clairement. C’est l’un des facteurs majeurs de l’augmentation constante de l’obésité. Il suffit de jeter un coup d’œil chez nos amis cobayes et précurseurs d’Amérique, ils prouvent quotidiennement que l’on peut transformer le profit des agro-alimenteurs en pur cholestérol.

« Le grignotage dans sa forme majeure, peut durer toute la journée sans qu’il existe de véritables repas. Aide-toi, le ciel t’aidera... pour cela supprimer les “provisions” qui se glissent facilement dans les tiroirs chez soi comme au travail et éviter l’achat d’aliments faciles à consommer. » C’est que vous dit ce centre sur son petit site, pendant que Danone envoie quelques centaines de millions de francs de pub sur les écrans pour apprendre à nos jeunes comment devenir de bons gros clients.

Enfin, Monsieur Danone s’exprime et il a bien raison :

« Le boycott est un appel au suicide. A qui sert-il ? Aux grandes entreprises étrangères. Pensez-vous réellement que Nestlé, Unilever ou Pepsico soient plus sociales que Danone ? La réponse est bien évidemment non » a déclaré M. Riboud au quotidien Le Figaro.

Remarque, s’il était un peu honnête, M. Riboud aurait pu déclarer à Uzine 2 : « Le snacking est un appel au suicide. A qui sert-il ? A engraisser nos actionnaires. Pensez-vous réellement que les produits Nestlé, Unilever ou Pepsico soient plus sains que ceux de Danone ? La réponse est bien évidemment non. »

Donc, je vous rappelle qu’en ce moment c’est la pleine saison pour vous occuper de votre potager, de planter salades radis, tomates, courgettes…

Je vous embrasse

Vos commentaires

  • Le 10 avril 2001 à 22:14, par ?

    A l’heure des boycotts « citoyens » on devrait méditer cette définition donnée par le représentant de l’OMC à une conférence de juristes autrichiens : « La démocratie c’est la participation du maximum de consommateurs aux décisions collectives. »

    Faut-il donc se féliciter que le boycott se substitue au bulletin de vote ? Qu’une campagne consumériste soit le seul moyen d’action trouvé par 90 députés de l’Assemblée nationale ?

    (Le représentant de l’OMC cité était un imposteur. Le fait qu’il faille le préciser montre que... nous ne sommes peut-être pas si loin de la réalité ?)

  • Le 11 avril 2001 à 09:22, par Vykinge

    C’est vrai que c’est facile de soigner sa petite conscience en boycottant Danone. Moi aussi, justement, je reviens d’un pays où ils ne mangent pas trop de yaourts, ne serait-ce que parce qu’ils n’ont pas électricité, donc pas de frigo, etc...
    (et en plus je vis dans un pays où Danone n’est pas implanté, même si, par contre, d’autres grosses entreprises du "grignotage", elles, y règnent en maîtresses, sans même prendre la peine de se faire passer pour bonnes à la santé, j’ai nommé tous les producteurs de hamburgers et compagnie...)

    ...n’empêche : le fait que les consommateurs (ce que nous sommes devenus, à la quasi exclusion de toute autre caractéristique) puissent même imaginer de boycotter une entreprise, de se passer de produits auxquels ils sont accoutumés, sans courber l’échine sous le chantage au chômage, ça peut faire changer quelque chose, ça montre même peut-être que les choses changent... Je préfère en tout cas le penser, sinon, on tombe dans le désespoir, non ?

    Mais grand merci quand même de tes réflexions.

  • Le 11 avril 2001 à 09:32, par #Jing

    Merci BC pour ce papier non alimentaire !

    C’est une bonne chose en effet de nous faire observer qu’en plus du reste, les produits en question sont en réalité quasiment dénués de toute véritable utilité pratique, leur "valeur ajoutée" étant principalement liée à des habitudes alimentaires contestables.

    Par ailleurs, il parait qu’on en arrive aujourd’hui à des menaces d’actions en justice contre les mairies boycotteuses...

    Pour ceux que la cécité sociale afflige depuis quelques décennies, cette affaire mettra peut-être en lumière le fait que les "classes laborieuses" l’ont nécessairement dans le cul aux deux bouts de la chaîne. Toute réaction de défense contre une multinationale ne pouvant se faire qu’au détriment de ceux qui n’ont rien, rien que leur boulot à défendre, ledit boulot se présentant de plus en plus comme une faveur que le marché consent, en quelque sorte par charité, à ceux qui se tiennent tranquille.

    Et dans le même temps (cf SNCF), on entend que les masses laborieuses sont favorables au droit de grève, mais seulement lorsque la grève ne les dérange pas.

    Autrement dit, au moment même où la réalité des classes se manifeste avec une clarté jamais atteinte depuis un siècle, il semble intériorisé que lorsque les gens ordinaires ont (ce qui est somme toute rare) de véritables moyens de pression, il est dangereux, voire illégitime qu’ils s’en servent.

    Tandis que le chantage permanent à l’exclusion sociale demeure une donnée divine de l’ordre naturel du monde, et qu’il devient de plus en plus difficile de se raccrocher à l’idée que nos contemporains sont moins cons qu’il n’en ont l’air...

    • Le 11 avril 2001 à 10:06, par ?

      > Toute réaction de défense contre une multinationale ne pouvant se faire qu’au détriment de ceux qui n’ont rien

      Toute réaction passant par les mécanismes de marché est condamnée à l’impuissance. Heureusement il reste encore... la loi. Celle qui existe, et celle qui reste à inventer. Au boulot MM. les députés.

      • Le 12 avril 2001 à 11:15, par Alexis

        Si ceux qui militent pour le boycott ne sont propriétaires d’aucune action d’entreprise, si il n’ont pas non plus de PEA et s’ils sont farouchement opposés à la retraite par capitalisation, alors pourquoi pas. Si en plus ils veillent à privilégier le commerce équitable et sont vigilants sur le travail des enfants et des prisonniers c’est encore mieux. Le boycott, pourquoi pas, s’il se fait dans la cohérence, s’il est plus le fruit d’une réflexion que d’une émotion. Sinon... c’est du vent, de la bonne conscience. Et les élus de gauche qui le défendent feraient mieux d’expliquer la cause des problèmes, faire de la politique quoi, promouvoir d’autres façons d’entreprendre.

        Mais lorsque j’entends les syndicalistes craindre pour les emplois du fait du boycott, j’ai l’impression d’avoir en face de moi un ouvrier de la Cogéma qui m’explique que le nucléaire c’est super chouette parce que ça crée des emplois. Ouille.

        Qui découvre sincèrement aujourd’hui qu’une entreprise capitaliste a pour objectif de maximer le rendements des capitaux investis ? L’emploi de salariés n’est que la résultante d’un autre objectif, l’idéal capitaliste est de n’employer personne ! Le périmètre de solidarité d’une entreprise cotée en bourse à la forme d’une corbeille, pas celle d’une ville.

      • Le 17 avril 2001 à 13:17, par B.BOUVIER

        La Gauche plurielle au boulot ?
        Mais, vous n’y pensez pas. Il est 13 h 12 et je peux déjà vous livrer toutes les réactions à l’intervention de Crétin Jospin ce soir, exactement les mêmes que celles qui nous ont été rabachées lors de dix dernières interventions
        A+

  • Le 11 avril 2001 à 16:54, par Greg.

    L’intervention de Riboud m’avait laissé sans voix. Ce type vient de mettre sur le carreau quelques centaines de personnes, et il vient encore plaider la cause de sa boîte ? Dans le genre muffle, il se pose là ! Ca doit phosphorer quand même pas mal à la direction de la communication depuis quelques jours. Comment vont-il se sortir de cette mauvaise passe ? Sans doute pas trop mal, malheureusement (ou heureusement pour les quelques employés qui leur restent). Les exemples ne manquent pas : Michelin, Total, Renault sont presque tous passés au travers sans trop de mal. Qui aujourd’hui oserait affirmer : "je n’achète pas Renault à cause de Vilvorde ?" Sollicité de toute part, le populo ne sait plus où donner du boycott. Comme d’habitude, ils vont passer deux-trois semaines un peu chaudes, chez Madone, et pui basta. Le "scandale" Madone sera remplacé bien vite par une autre actu. D’ailleurs, rien ne ferait plus plaisirs à ses chargés de com que l’actu leur fournisse une bonne grosse diversion, comme un démolissage de Bouddah je ne sais trop où, qui a visiblement ému beaucoup de monde.

    Le problème, finalement, c’est qu’aujourd’hui, "concentration" oblige (certains goûteront diversement la pertinence de ce terme), on a le choix en la peste et le choléra. Acheter "bio" ? Quelle rigolade ! Leurs marketoïdes ont déjà trop bien compris quel parti tirer de tels produits, que, benoïtement, les consommateurs se disent prêts à acheter, même s’ils sont plus chers. Croyez-moi, de telles affirmation ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Madone et les autres se sont ou vont se "positionner" bien vite sur ce "segment de marché". Ils auraient tort de se priver : tant qu’il y a des con...sommateurs pour acheter...

    La conclusion ? Oarf ! Allez, un petit boutade, en guise de résumé de l’intervioue de Riboud : "ti bouffes Danone, ti bouffes pas Danone, ti crèves quand même".

  • Le 11 avril 2001 à 18:36, par Bidet Casserole

    J’étais un peu énervé hier et j’ai laissé passer une intention pourtant bien exprimée par son auteur.

    "ils sauront transformer notre projet économique et social en un projet créant de la valeur pour tous les actionnaires"

    C’est ce que dit la maison Danone en parlant de ses cadres dirigeants. Et, si l’on fait une bête explication de texte niveau 3ème, cela veut dire que Danone a décidé de "transformer son projet économique et social" qui devient donc caduc et est relégué au simple rang de souvenir.

    Le nouveau modèle auquel aspire Danone est bien "un projet créant de la valeur pour les actionnaires", le social n’est plus du tout au programme.

    C’est vrai qu’en ce moment ils auraient du mal à nous convaincre du contraire.

    Bises à tous

    P.S. Pour le potager, je vous conseille des tomates Roma (aussi appelées olivettes) c’est une espèce peu trafiquée et qui présente l’avantage de n’avoir pas besoin d’être taillée, donc beaucoup moins de boulot en perspective... et quel bonheur quand tu la manges encore vivante, juste à sa sortie du jardin, avec du sel, un filet d’huile d’olive et un soupçon de basilic.

    • Le 12 avril 2001 à 20:49, par christofpheu

      d’accord pour les tomates, coupées assez grossierement, une bonne rasade d’huile d’olive, un bon pain et un petit vin rouge...mais tu oublies les oignons frais, indispensable
      ca, ils ne pourront jamais le fabriquer dans leur petit labos puant le detergeant et le deodorant

  • Le 11 avril 2001 à 19:09, par TARTAR

    D’accord pour la nocivité du snacking et des crackers(Belin)
    D’accord pour trouver insupportables ces petits pontifiants suffisants bourrés de stock options et d’apparts sur Park Ave

    Mais...
    Soyons pragmatiques

    Les employés de Danone qui ont encore du boulot ne semblent pas tous apprécier une mise en danger de l’ensemble de la boite par un boycott qui macherait !
    Voir CFDT.
    Solidarité où est-tu ?

    Mais...

    Les entreprises "susceptibles" de s’installer en France vont-elles apprécier l’attitude de nos édiles locales et le boycott sauvage ?
    Ou bien si un régime spécial anti licenciement propre à la France est installé cela ne les repousse-t-elle pas encore vers ailleurs ??

    Nous sommes déjà mondialisés et n’en sortirions que par des méthodes impensables à l’heure actuelle.

    Je me demande bien comment sortir de ces dilemnes si même Jospin aidé de Guigou ne trouve rien à dire !!

  • Le 12 avril 2001 à 19:22, par je dis mon nom : rxchxrd wxld

    Les yaourts contiennent de la dioxine selon le boycotteur de Danone Bxxgbxdxr - Un gars qui dit cela est assez fou pour que l’on prenne en considération une demande de réhabilitation.

    Question 0+0 : Frédéric, la pub, le journalisme, la télé, les bouquins, les start-up ! Tout te réussit. Ce n’est pas pour cela que certains ne t’aiment pas ? Des jaloux ?

    Frédéric Bxxgbxdxr, fils de pub  :
    Je ne trouve pas que je réussisse tant que ça. Je suis dispersé et paresseux, je bâcle tout ce que j’effleure. C’est ce qui est le plus énervant chez moi.

    Petite phrases sur Danone pendant le chat :

  • Quand j’ai rédigé "99F", je croyais exagérer le cynisme des dirigeants de ce groupe. En fait, j’étais en dessous de la réalité. Je suis assez furieux d’avoir dû changer le nom de la marque pour Madone à CAUSE DES AVOCATS CRAINTIFS.
  • Danone est plus dangereux que la mafia. Et les yaourts contiennent de la dioxine !!

    Je boycotte Danone ; curieux comme nom de site...

    Qui es-tu pour critiquer toi un ancien de la pub un gars aisé ? c’est quoi cette passion pour les smicards ?

  • Je ne suis pas certain qu’il faille être ouvrier pour prendre la parole sur les ouvriers. Il est important que tout le monde puisse ouvrir sa gueule. Vous préfèreriez quoi ? Que les journalistes-pubeux ayant fréquentés les dirigeants de Danone les félicitent pour leur saccage inhumain ?
  • Mais quel est ce problème de légitimité ? Faut-il vous demander une autorisation pour parler dans ce pays ? Vous voulez interdire à qui de prendre la parole ? Enfermer les clubbers des Bains à Drancy, c’est ça ?
  • Comme tous les bourgeois bohêmes, je culpabilise !

    Pour le boycott :

  • POUR. Ne serait-ce que pour faire prendre conscience aux dirigeants d’entreprises privées que leur omnipotence est désormais limitée, que les consommateurs feront désormais entendre leurs voix. Bref, qu’ils ne peuvent plus faire n’importe quoi sans en supporter les conséquences. Le boycott est une façon de les responsabiliser, de leur demander des comptes.
  • Les grèves et les manifs : il faut les deux. OK, mais AUSSI punir les marques.

    Riboux ?

  • C’est surtout son fils qui dirige Danone, et qui refuse tout dialogue avec la presse. Appelons-le désormais Franck Ripoux, si vous le voulez bien.
  • Il y a des liens avec les sites anti-pubs sur le site "Jeboycottedanone.com".

    "Baudelaire - Bxxgbxdxr" : troublant non ?

  • Le 15 avril 2001 à 16:35, par ?

    LA DEMOCRATIE PAR LE CADDIE
    Je ne mangerai plus de Velouté nature en croyant surveiller mon alimentation, je ne me bourrerai plus de Pim’s pour évacuer mon
    angoisse au bureau, je ne boirai plus d’Evian tiède au restaurant à 35F la bouteille, je n’aurai plus la faiblesse de croire que les " Hello " de
    Lu sont des cookies, je ne donnerai pas de petits pots Blédina à mes enfants, je ne fréquenterai plus les filles qui se gavent de Taillefine.

    Sous perfusion
    Et si par malheur, Danone fabriquait aussi du vin et des petites culottes, je crois que je pourrais même arrêter de boire... Le géant du
    yaourt m’a ouvert les yeux, je tiens à le remercier chaque jour en rayant son nom de ma liste de courses. Comment, en effet, aurais-je pu
    découvrir que ma vie toute entière était sous perfusion d’un géant industriel, qui squatte mon frigo et se soucie des hommes comme de
    son dernier sachet de grumeaux ?

    Actionnaire forcé
    Comment aurais-je pu comprendre que mon caddie avait plus d’influence sur le monde qui m’entoure, que mon bulletin de vote et celui de
    mes amis ? Comment aurais-je pu deviner que l’on puisse gagner 7500F net par mois, après avoir fabriqué des biscuits à la tonne
    pendant 25 ans ? En licenciant 1816 ouvriers - dont 570 en France, alors qu’il a réalisé un bénéfice de 4,7 milliard de francs, Danone m’a
    montré à quel point il devenait urgent de changer mes rapports avec une entreprise dont je suis aussi un peu l’actionnaire forcé.

    Plus de blé
    En m’aidant à fortifier ma croissance, Danone a fait de moi un consommateur en pleine forme qui refuse de subventioner une
    multinationale dont les produits sont majorés par la pub - et les employés des biscottes que l’on écrase pour faire un peu plus de blé. 450
    films publicitaires ont été réalisés pour vendre du Danone. Mes orgies de Granola ont probablement contribué à payer l’un d’eux. J’exige
    que la firme qui m’a vu grandir réintègre ses employés à Calais, Ris-Orangis, Jussy et Chateau-Thierry.

    Bouclier social
    Dans le cas contraire, je m’engage à ne plus jamais acheter de produits Danone. Si les conséquences du boycott devaient provoquer
    d’autres licenciements, j’estimerai - à juste titre - qu’un groupe qui fait partie des 15 sociétés françaises côtés en bourse à New -York,
    retient en otage son personnel et l’instrumentalise comme bouclier social. Dans une société où l’argent et le marketing ont perverti le
    système démocratique, le boycott relève de l’action citoyenne.

    Signez la Charte du Consommateur sur
    www.jeboycottedanone.com

  • Le 17 avril 2001 à 15:13, par Je Boycotte Danone

    Le site internet http://www.jeboycottedanone.com a été mis en place par
    des journalistes du magazine Technikart pour soutenir le boycott de Danone,
    les salariés, permettre l’échange d’infos, etc.
    La réaction de Danone ne s’est pas faite attendre. Le géant de
    l’agroalimentaire attaque le site en justice, pour "contrefaçon" et
    "exploitation injustifiée" de la marque. Non content de licencier ses salariés, Danone entend donc aussi leur interdire de se plaindre.
    Voici deux éléments pour que vous ayez connaissance du dossier :
    - un article du magazine Transfert sur l’affaire
    - le texte de la requete deposee par Danone devant le TGI de Paris

    1) ARTICLE DE TRANSFERT

    Un article du magazine Transfert sur la situation :
    jeboycottedanone.com est attaqué en justice
    "jeboycottedanone.com attaqué par… Danone.
    Il ne fait pas bon se servir du nom et de l’image d’une marque pour
    s’attaquer à elle. Olivier Malnuit, initiateur du site " je boycotte
    danone.com " vient d’en faire les frais : il est poursuivi par le géant de
    l’agro-alimentaire.
    Lancé par des proches du mensuel branché parisien Technikart, le site
    jeboycottedanone vient d’être attaqué par le célèbre groupe agroalimentaire
    en référé, devant le tribunal de grande instance de Paris. L’assignation,
    datée du 13 avril 2001, s’appuie sur le droit des marques et de la propriété
    intellectuelle et attaque le site pour " contrefaçon " et " exploitation
    injustifiée " de la marque et des logos de Danone, qui y sont parodiés. Les
    accusés sont : Olivier Malnuit, 31 ans, propriétaire du nom de domaine et
    webmaster de Technikart.com, et deux prestataires techniques du site, 7 Ways
    et ELB Multimédia. Danone réclame l’arrêt immédiat de l’activité du site, la
    radiation du nom de domaine et 100 000 francs de dommages et intérêts à
    Olivier Malnuit, qui doit également publier le jugement à ses frais dans 10
    journaux nationaux. Un expert juridique commente : " C’est un marteau-pilon
    pour écraser une mouche." La suite de l’article sur :
    http://www.transfert.net/fr/cyber_s...
    9

    2) LA REQUETE PRESENTEE PAR DANONE DEVANT LE TGI DE PARIS

    "REQUÊTE AFIN D’ASSIGNER A JOUR FIXE
    L’Avocat soussigné sollicite de Monsieur le Président du Tribunal
    l’autorisation de délivrer à jour fixe, en raison de l’urgence,
    l’assignation ci-après transcrite
    Paris, le 13 avril 2001

    ORDONNANCE
    Autorisons à assigner pour mercredi 30 mai 2001 à 14 heures
    devant la 3ème du Tribunal 1ère section

    ASSIGNATION A JOUR FIXE DEVANT LE
    TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS

    L’an deux mil un, treize avril

    A LA DEMANDE DE :

    1/ La société COMPAGNIE GERVAIS DANONE société anonyme au capital de
    109.800.900 Francs inscrite au RCS de NANTERRE sous le n° B.552.067.092,
    dont le siège social est situé 126-130 rue Jules Guesde 92300
    LEVALLOIS-PERRET agissant poursuites et diligences de son Président du
    Conseil d’Administration domicilié en cette qualité audit siège.

    2/ La société GROUPE DANONE société anonyme au capital de 148.813.428 Euros,
    inscrite au RCS PARIS sous le n° B.552.032.534, dont le siège social est
    situé 7 rue de Téhéran - 75008 PARIS agissant poursuites et diligences de
    son Président du Conseil d’Administration domicilié en cette qualité audit
    siège.

    Ayant pour Avocat :
    Maître Michel-Paul ESCANDE
    Avocat au Barreau de Paris
    4, Rue Brunel - 75017 PARIS
    Téléphone : 01.45.74.03.98. - Palais : R. 266

    lequel se constitue et occupera sur la présente assignation et ses suites,

    Au Cabinet duquel elles font élection de son domicile.

    Il vous est donné assignation à comparaître le mercredi 30 mai 2001 à 14
    heures
    par devant le Tribunal de grande instance de PARIS, 4 Boulevard du Palais -
    75001 PARIS

    Vous devez au plus tôt charger un Avocat inscrit au Barreau de vous
    représenter à cette audience. A défaut, vous vous exposeriez à ce qu’un
    jugement soit rendu à votre encontre sur les seuls éléments fournis par
    votre adversaire.

    Connaissance peut être prise au Greffe de la Chambre de la copie des pièces
    ci-après mentionnées.

    DESTINATAIRE DE LA PRÉSENTE ASSIGNATION

    1 /Monsieur Olivier MALNUIT 49 Boulevard de Picpus 75012 PARIS

    2/ La société 7 WAYS, société anonyme au capital de 250.000 Francs,
    enregistrée au RCS de GRASSE sous le n°B.419.073.416, dont le siège social
    est situé 1090/1300 Route des Crêtes SOPHIA ANTIPOLIS 06560 VALBONNE, prise
    en la personne de son Président du Directoire domicilié en cette qualité
    audit siège

    3/ La société ELB MULTIMÉDIA, société à responsabilité limitée au capital de
    50.000 Francs enregistrée au RCS de LYON sous le n°429.999.030, dont le
    siège social est situé 12 rue du Quatre Août 69100 VILLEURBANNE, prise en la
    personne de son gérant domicilié en cette qualité audit siège

    PLAISE A MONSIEUR LE PRÉSIDENT

    - I -

    Attendu que la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE ainsi que l’ensemble des
    sociétés du GROUPE DANONE qui ont choisi depuis de nombreuses années de
    centrer leurs activités dans les domaines où elles sont susceptibles
    d’occuper, au niveau international, une place de premier plan, bénéficient
    d’une renommée internationale incontestable en France et dans de nombreux
    pays étrangers.

    Attendu que pour désigner ses activités, la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE
    est notamment titulaire des marques verbales DANONE
    - n° 1.690.721 déposée le 22 novembre 1988 et renouvelée depuis pour
    désigner les produits et services des classes 1 à 42.
    - N°95.569.647 déposée le 28 avril 1995 pour désigner des produits et
    services des classes 1 à 42.

    Et des marques semi-figuratives DANONE

    - n°95.574.013 déposée le ler juin 1995 pour les produits et services des
    classes 5, 29, 30, 31 et 32
    - n°95.585.196 déposée le 21 août 1995 pour les produits et services de la
    classe 42
    - n°96.649.464 déposée le 6 novembre 1996 pour les produits et services des
    classes 5, 29, 30, 31 et 42
    - n°96.649.465 déposée le 6 novembre 1996 pour les produits et services de
    la classe 32
    - n°96.642.844 déposée le 24 septembre 1996 pour les produits et services de
    la classe 1
    - n°98.764.280 déposée le 15 décembre 1998 pour les produits et services des
    classes 5, 29, 30, 32,42

    Attendu que ces marques figuratives sont composées d’un cartouche en forme
    de polygone de couleur bleue comportant dans sa partie inférieure un trait
    incliné rouge et au centre, en lettres blanches, la dénomination “ DANONE ”.

    Attendu que ces marques sont massivement utilisées en France et dans le
    monde et apposées sur de très nombreux produits commercialisés par la
    société COMPAGNIE GERVAIS DANONE et les sociétés du GROUPE DANONE.

    Attendu que la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE jouit sur ses marques de
    droits privatifs absolus établis et protégés par les dispositions du livre
    VII du Code de la Propriété Intellectuelle et qui l’habilitent à s’opposer à
    toutes atteintes susceptibles de lui être portées par quiconque, de bonne ou
    de mauvaise foi, à quelque titre et sous quelque forme que ce soit.

    Attendu qu’elle a appris qu’un site Internet intitulé “ Jeboycottedanone.com
    ”reproduisait ses marques figuratives “ DANONE ” en insérant dans le
    polygone caractéristique de cette marque les mentions “ Je boycotte
    DANONE.COM ” et en reproduisant un trait noir dans la partie inférieure du
    cartouche alors que le trait original est rouge.

    Attendu qu’il est apparu que ce nom de domaine avait été déposé par Monsieur
    Olivier MALNUIT et que le site litigieux avait pour contacts techniques les
    sociétés ELB MULTIMEDIA et 7 WAYS.

    Attendu que ces faits on été constatés par Huissier de Justice les 11 et 13
    avril 2001.

    Attendu qu’estimant que ce nom de domaine et le contenu du site “
    jeboycottedanone.com ” constituent la contrefaçon de ses marques “ DANONE
    susnommées au sens des articles L.713-2, L.713-3, L.713-5, L.716-1 et
    L.716-9 du Code de la Propriété Intellectuelle, la société COMPAGNIE GERVAIS
    DANONE est obligée de saisir le Tribunal de Céans afin que soit mis fin à
    ces actes litigieux.

    - II -

    1/ Sur la contrefaçon des marques DANONE n° 1.690.721 et n°95.569.647. par
    le nom de domaine “ jeboycottedanone.com ”

    Attendu que le nom de domaine “ jeboycottedanone.com ” déposé par Monsieur
    Olivier MALNUIT constitue la reproduction des marques “ DANONE ” n°
    1.690.721 et n°95.569.647 avec adjonction des mots “ je boycotte ”.

    Attendu qu’au sein de cet ensemble, la marque “ DANONE ” ne perd pas son
    individualité.

    Attendu qu’un nom de domaine rentre dans la classification des
    communications qui est un des services protégés par l’enregistrement des
    marques “ DANONE ” n° 1.690.721 et n°95.569.647. en classe 38.

    Qu’en conséquence, le nom de domaine enregistré par Monsieur Olivier MALNUIT
    constitue la contrefaçon des marques “ DANONE ” n° 1.690.721 et n°95.569.647
    au sens des articles L.713-2 et suivants du Code de la Propriété
    Intellectuelle.

    2/ Sur la contrefaçon des marques semi-figurative DANONE précitées

    Attendu que la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE est titulaire des marques
    semifiguratives n°95.574.013, n°95.585.196, n°96.649.464, n°96.649.465,
    n°96.642.844 et n°98.764.280 .

    Attendu que ces marques sont composées d’un cartouche en forme de polygone
    de couleur bleue comportant dans sa partie inférieure un trait incliné rouge
    et au centre, en lettres blanches, la dénomination “ DANONE ”.

    Attendu que ces marques sont apposées sur tous les produits de la COMPAGNIE
    GERVAIS DANONE et des sociétés du GROUPE DANONE .

    Attendu que le site Internet “ je boycotte danone.com ” reproduit ces
    marques semi-figurative “ DANONE ” en y ajoutant les mots : “ je boycotte ”
    et “ .com ” et en reproduisant un trait noir dans la partie inférieure du
    cartouche alors que le trait original est rouge.

    Qu’un tel usage de ces marques pour désigner un site Internet dont le
    contenu comporte la liste détaillée de tous les produits DANONE constitue la
    contrefaçon des marques semi-figuratives “ DANONE ” n°95.574.013,
    n°95.585.196, n°96.649.464, n°96.649.465, n°96.642.844 et n°98.764.280 au
    sens des articles L.713-3 et suivants du Code de la Propriété
    Intellectuelle.

    3/ Sur l’exploitation injustifiée des marques semi-figuratives DANONE
    précitées.

    Attendu qu’en tout état de cause, l’usage des marques semi-figuratives
    DANONE n°95.574.013, n°95.585.196, n°96.649.464, n°96.649.465, n°96.642.844
    et n°98.764.280 pour désigner un site constitue une exploitation injustifiée
    au sens de l’article L.7135 du Code de la Propriété Intellectuelle.

    Attendu que ces marques sont notoires et que ces faits portent atteinte à la
    renommée de la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE et lui portent préjudice ;

    - III -

    Attendu que ces actes de contrefaçon causent un très grave préjudice à la
    société COMPAGNIE GERVAIS DANONE qui résulte de l’atteinte portée à sa
    marque et d’un préjudice commercial.

    1/ Attendu que les marques de la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE sont des
    marques notoires, qui disposent d’un fort potentiel évocateur.

    Que toute atteinte qui leur est portée affaiblit leur valeur patrimoniale.

    Qu’en conséquence, il y a lieu de faire interdiction à Monsieur Olivier
    MALNUIT de poursuivre la continuation des agissements contrefaisants sous
    astreinte, de prononcer la radiation du nom de domaine “
    jeboycottedanone.com ” et de le condamner à verser à la société COMPAGNIE
    GERVAIS DANONE la somme de un franc.

    2/ Attendu qu’il résulte de ces contrefaçons un préjudice important d’ordre
    commercial.

    Qu’au titre de ce préjudice, la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE sollicite
    l’octroi de la somme de 100.000 (CENT MILLE) Francs de dommages-intérêts en
    réparation symbolique du préjudice qu’elle subit.

    Attendu qu’il convient d’ordonner au profit de la société COMPAGNIE GERVAIS
    DANONE des mesures complémentaires de publication de la décision à
    intervenir et de remboursement des frais irrépétibles telles que définies au
    dispositif de la présente assignation ainsi que l’exécution provisoire du
    jugement en toutes ses dispositions.

    - IV -

    Attendu que le contenu des informations mentionnées sous la rubrique “
    jeboycottedanone.com ” discrédite gravement l’ensemble des sociétés du
    GROUPE DANONE et plus particulièrement la société GROUPE DANONE.

    Que l’ensemble de ces allégations sont présentées au public.

    Attendu que les auteurs de ces fautes ont engagé leur responsabilité au
    regard notamment de la société GROUPE DANONE qui est donc totalement fondée
    à solliciter que ces fautes soient judiciairement sanctionnées.

    Attendu que la société GROUPE DANONE sollicite en réparation du préjudice
    subi le franc symbolique.

    Attendu qu’il est demandé au Tribunal d’ordonner la cessation des faits
    litigieux dès le prononcé de la décision à intervenir et ce sous astreinte
    de 1.000.000 francs par infraction constatée.

    Qu’il est aussi demander au Tribunal d’ordonner la radiation du nom de
    domaine litigieux et d’interdire aux sociétés ELB MULTIMEDIA et 7 WAYS
    d’héberger et de fournir accès au site litigieux et tout autre site portant
    atteinte aux marques de la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE et à l’image des
    sociétés du GROUPE DANONE.

    Attendu qu’il y a lieu d’ordonner, compte tenu de la nature des faits
    litigieux, l’exécution provisoire de la décision à intervenir, nonobstant
    appel et sans constitution de garantie.

    - V -

    Sur l’extrême urgence

    Attendu que les faits ci-dessus exposés causent à la société COMPAGNIE
    GERVAIS DANONE et à l’ensemble des sociétés du GROUPE DANONE un préjudice
    considérable qui, s’il se prolonge, risque de devenir irréparable.

    Attendu qu’il y a extrêmement urgence à ce que le Tribunal puisse statuer au
    fond.

    Attendu que telle est la raison pour laquelle la société COMPAGNIE GERVAIS
    DANONE et la société GROUPE DANONE sollicitent l’autorisation d’assigner à
    jour fixe, et ce en application des dispositions des articles 788 et
    suivants du nouveau Code de procédure civile.

    PAR CES MOTIFS

    Vu l’urgence,
    Vu les dispositions des articles 788 et suivants du nouveau Code de
    procédure civile :

    * RECEVOIR la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE et la société GROUPE DANONE
    en leurs demandes et les y déclarer bien fondées

    * DIRE ET JUGER que Monsieur Olivier MALNUIT en enregistrant le nom de
    domaine “ jeboycottedanone.com ” s’est rendu coupable, au sens des articles
    L.713-2, L.713-3, L.716-1, L.716-9 et suivants du Code de la Propriété
    Intellectuelle d’actes de contrefaçon des marques “ DANONE ” n° 1.690.721 et
    n°95.569.647 de la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE.

    * DIRE ET JUGER que Monsieur Olivier MALNUIT en reproduisant sur le site “
    jeboycootedanone.com ” les marques semi-figurative “ DANONE ” n°95.574.013,
    n°95.585.196, n°96.649.464, n°96.649.465, n°96.642.844 et n°98.764.280 s’est
    rendu coupable au sens des articles L.713-3 et suivants du Code de la
    Propriété Intellectuelle d’actes de contrefaçon des marques “ DANONE
    n°95.574.013, n°95.585.196, n°96.649.464, n°96.649.465, n°96.642.844 et
    n°98.764.280 de la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE

    * DIRE ET JUGER qu’en tout état de cause, l’usage des marques
    semi-figurative “ DANONE ” n°95.574.013, n°95.585.196, n°96.649.464,
    n°96.649.465, n°96.642.844 et n°98.764.280 constitue une exploitation
    injustifiée de celles-ci au sens de l’article L.713-5 du Code de la
    Propriété Intellectuelle.

    EN CONSEQUENCE

    * INTERDIRE à Monsieur Olivier MALNUIT de poursuivre ses agissements
    contrefaisants sous quelque forme que ce soit, et de quelque manière que ce
    soit, sous astreinte définitive de 1.000.000 francs par infraction constatée
    à compter du prononcé de la décision à intervenir

    * ORDONNER la radiation du nom de domaine “ jeboycottedanone.com ” dans les
    huit jours du prononcé du jugement sous astreinte de 50.000 francs par jour
    de retard

    * ORDONNER à l’unité d’enregistrement du nom de domaine “
    jeboycottedanone.com ” de procéder à la radiation du nom de domaine
    litigieux.

    * INTERDIRE à la société 7 WAYS et à la société ELB MULTIMEDIA d’héberger et
    de fournir accès au site “ jeboycottedanone.com ” et tout site portant
    atteinte aux marques de la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE et à l’image des
    sociétés du GROUPE DANONE.

    * CONDAMNER Monsieur Olivier MALNUIT à payer le franc symbolique à la
    société COMPAGNIE GERVAIS DANONE en réparation de l’atteinte portée aux
    marques “ DANONE

    * CONDAMNER Monsieur Olivier MALNUIT à payer la somme de 100.000 (CENT
    MILLE) Francs à la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE en réparation du
    préjudice subi par cette dernière.

    * DIRE ET JUGER que les allégations présentées au public sous le nom de
    domaine “ jeboycottedanone.com ” sont fautives en ce qu’elles révèlent
    l’intention délibérée de discréditer l’ensemble des activités des sociétés
    du GROUPE DANONE

    * CONDAMNER en conséquence Monsieur Olivier MALNUIT à payer le franc
    symbolique pour ces faits

    * ORDONNER que cesse la publication de ces informations sous astreinte de
    1.000.000 francs par infraction constatée, et ce dès le prononcé de la
    décision à intervenir

    * DIRE ET JUGER qu’en application de l’article 35 de la loi du 9 juillet
    1991, les astreintes prononcées seront liquidées, s’il y a lieu, par la
    Tribunal ayant statué sur les présentes demandes.

    * ORDONNER la publication du jugement à intervenir dans dix journaux ou
    revues au choix de la société COMPAGNIE GERVAIS DANONE et du GROUPE DANONE
    et aux frais de Monsieur Olivier MALNUIT, le coût de chaque insertion étant
    fixé à 50.000 francs (CINQUANTE MILLE FRANCS)

    * CONDAMNER Monsieur Olivier MALNUIT à verser à la société COMPAGNIE GERVAIS
    DANONE et à la société GROUPE DANONE la somme de 40.000 francs au titre de
    l’article 700 du nouveau Code de procédure civile

    * ORDONNER l’exécution provisoire du jugement à intervenir nonobstant tout
    recours et sans constitution de garantie.

    * CONDAMNER Monsieur Olivier MALNUIT aux entiers dépens de l’instance, dont
    distraction au profit de Maître ESCANDE, Avocat, en application des
    dispositions de l’article 699 du nouveau Code de procédure civile.

    SOUS TOUTES RESERVES

    LISTE DES PIECES A l’APPUI DE LA PRESENTE ASSIGNATION

    1. Marque n° 1.690.721 déposée le 22 novembre 1988 et renouvelée depuis pour
    désigner les produits et services des classes 1 à 42.

    2. Marque N°95.569.647 déposée le 28 avril 1995 pour désigner des produits
    et services des classes 1 à 42.

    3. Marque n°95.574.013 déposée le le` juin 1995 pour les produits et
    services des classes 5, 29, 30, 31 et 32

    4. Marque n°95.585.196 déposée le 21 août 1995 pour les produits et services
    de la classe 42

    5. Marque n°96.649.464 déposée le 6 novembre 1996 pour les produits et
    services des classes 5, 29, 30, 31 et 42

    6. Marque n°96.649.465 déposée le 6 novembre 1996 pour les produits et
    services de la classe 32

    7. Marque n°96.642.844 déposée le 24 septembre 1996 pour les produits et
    services de la
    classe 1

    8. Marque n°98.764.280 déposée le 15 décembre 1998 pour les produits et
    services des classes 5, 29, 30, 32 et 42

    9. Procès-Verbal d’Huissier en date des 11 et 13 avril 2001

  • Le 19 avril 2001 à 04:26, par rw

    On nous impose la pub dans le moindre des recoins de notre environnement quotidien. C’est une agression permanente, travestie en drogue sucrée.

    Qui nous a demandé notre avis ?

    On voudrait à présent nous empêcher la parodie et le détournement protestataire du logo, la critique de la marque.

    Un de nos rares moyens de résistance.

    Si le logo, la marque, ont pris une telle valeur, c’est aussi et surtout grâce au matraquage que nous subissons.

    Faisons valoir nos droits. La première des compensations, c’est le droit à casser l’image. Une grosse moustache, un gros nez sur une pub, c’est une forme moderne de résistance non violente à l’envahisseur.

    Après on réfléchira au financement par les firmes de cures de désintoxications pour les acheteurs compulsifs...

    Jusqu’à présent les publicitaires jouaient sur du velours. La résistance aux agressions des marques ne pouvaient se faire à aélérmes égales qu’avec une improbable contre-offensive sur des supports publicitaires équivalents.

    Pas de Dazibao pour le citoyen lambda. Il n’a qu’à devenir homme d’affaires et se payer des panneaux.

    Internet change totalement la donne. C’est le moment de se souvenir de nos droits. Nous sommes à un tournant. Aux armes non violentes, citoyen !

    rw

    ps A partir du 22 avril, journée sans télé

  • Le 24 avril 2001 à 02:25, par le sage contre l’utopie communiste

    Un plan social n’est jamais une décision simple
    Apprends à lire un bilan avant de donner de leçon : les bénéfices proviennent des plus-values des acquisitions. Mais avec quoi, Danone a-t-il pu opérer ces acquisitions. Avec les bénéfices des usines ? Avec des bénéfices situant entre 5% et 10%, il faudrait des dizaines d’années pour réunir la somme. C’est avec l’argent de la Bourse. Et c’est avec cet argent que Danone a construit ses usines. Au fait, où étais-tu quand Danone a effectué sa dernière émission qui fut très loin d’être un succès populaire. As-tu mis la main à ton portefeuille contre un bout de papier qu’on appelle action ? Et quand bien même, tu y as souscrit, n’attends-tu pas dans ce cas, qu’en retour, ton épargne soit bien utilisé et te rapporte.

    S’il y a bien un domaine où la démocratie, c’est-à-dire, des libertés et une assurance que l’alternance est garantie quand les dirigeants défaillent, c’est bien celui des entreprises.

    Quand tu paies tes impôts, tu n’aimerais pas que les politiciens les gaspillent, ou en mettent dans leurs poches, et poutant, quand cela arrive, ils ne sont pas virés. Les électeurs sanctionnent les élus, les actionnaires, les dirigeants.

    Bref, je n’ai aucune envie de devoir manger un jour, des yaourts au lait de vache folle parce que ce ne seront plus des Danones, parce que Danone n’existera plus.

    Au fait, acceptes-tu, toi et tes collègues de partager les gains que vous avez rapporté à votre entreprise, avec moi et mes collègues car nous n’avons pas été très productif, ou nous produissons des choses qui ne sont plus utiles ?

    Où étais-tu quand Danone a ouvert l’usine qu’il doit fermer aujourd’hui ?

    Que faisait ces personnes avant d’y être embauchés ?

    Ont-elles supporté la consomation de produits Danones qu’elles boycottent aujourd’hui ?

    As-tu supporté la consomation de produits Danones que tu boycottes aujourd’hui ?

  • Le 25 avril 2001 à 15:47, par Rhododindron

    C’est vrai, ce n’est pas bien d’avoir viré tout ces gens, et je n’aimerais pas être à leur place. En plus Danone se fait beaucoup d’argent.

    Mais même si le boycott nous semble etre la solution pour marquer notre désaccord envers le groupe, en vidant son porte monnaie, et de même notre solidarité envers les licenciés de chez Danone, il ne faut pas perdre de vue que si on ne fait plus rentrer d’argent dans la caisse de Danone, il faudra qu’il diminue sa production. Et il aura besoin de mois de personnel, donc devra licencier d’autres personnes : et ce sera encore plus grave et de notre faute.

    Je ne voudrais pas prendre la défense de Danone, mais en plus, une entreprise c’est fait pour fonctionner ; et si Danone avait besoin de licencier, il en avait le droit ; dans une entreprise, quand on n’a plus besoin de quelqun , on ne va pas le garder parce que ça nous ferais un trop gros poids sur la conscience, non ? C’est vrai , c’est toujours vache de virer quelqun, mais ce n’est pas parce que Danone "s’en met plein les poches et que quand il vire ça fait très mal, parce que c’est une grosse entreprise et qu’il renvoie énormément de personnes, que ce n’est pas une entreprise comme les autres, et qu’elle ne fonctionne pas comme les autres.

    Je reprend l’exemple de la "petite" entreprise : si cette boîte a 15 salariés , qu’elle peut les remplacer par une machine mais ne le fait pas pour sa conscience,quelques temps plus tard , si son chiffre d’affaire diminue, on va lui reprocher de ne pas avoir licencié ses employés.Plus grave, si elle va vers la faillite, ça va retomber sur les employés et ils se retrouveront quand même au chômage.

    Danone c’est pareil, s’il ne licencie pas ce ne sera pas non plus à l’avantage de tout le monde. Ce que je veut dire, c’est que tout le monde a, à mon avis, de bonnes raisons pour licencier ; grosses et petites entreprises, et entreprises à forts ou moins forts rendements .

    J’espère avoir su correctement fait passer le message.

  • Le 20 novembre 2002 à 11:16, par ?

    Au jour d’aujourd’hui 90% des personnes concernées par le plan social de janvier 2001 sont replacées (avec paiement du déménagement et recherche de travail pour le conjoint). Ceux qui refusent de "changer" d’usine (les usines qui ferment perdent actuellment des millions par mois) touchent une aide substantielle d’environ 50.000 euros. Dites moi où est l’arnaque !!Dites moi en quoi Danone est un groupe escroqueur !!
    Par contre une petite fonderie qui licencie 15 ouvriers touchant le SMIC, personne n’en parle. Renseignez vous sur le plan social, venez visiter une usine du groupe Danone et venez comparer les salaires, après nous en reparlerons !!!

  • Le 1er décembre 2003 à 16:14, par ?

    En tant que fils d’ouvriers de Gervais-Danone, je tiens à dire que même si Danone a licencié plein de gens (c’est mal) contribue à augmenter les chiffres de l’obésité (c’est mal) ils ont aussi fait beaucoup pour mes parents. Aujourd’hui je suis RMIste, par la faute d’un marché du travail absurde, et sans Danone je n’aurais même pas de quoi vivre. Mais grâce à le retraite de mon père cumulé avec mon RMI on arrive bien à faire vivre un foyer de 3 personnes. Merci Danone.

  • Le 14 mai 2004 à 12:09, par Xuelynom

    On savait déjà que Danone parcourait le web pour attaquer les sites dénigrant l’entreprise, maintenant il font des faux témoignages de personnes "indignées par l’attaque de ce fleuron de l’industrie Française".
    Je me demande combien ils sont, à Danone ou dans les autres grosses boites, à parcourir les sites pour défendre les intêrets de leur groupe sous couvert d’anonymat dans les forums de discussions...

  • Le 27 mai 2004 à 17:45, par ?

    Je partage votre opinion !! on en à marre d’être harceler chaque jour par leur pub à la con invoquant les mérites de leurs 36000 yahourt soit disant tous meilleurs les uns que les autres et il y en a chaque jour des nouveaux.Si ils étaient si bon ils n’auraient pas besoin de faire autant de pub !! pour ma part voilà longtemps que je boycotte ce produit et malgré cela j’en ai la nosée sans en manger. Pour ma part je fais confiance à des produits plus discrets la qualité d’un produit se fait par le gout et non pas le matraquage publicitaite !!!

  • Le 4 janvier 2005 à 12:58, par ?

    Monsieur ,

    Vous lancer ici une polémique qui est digne d’un mauvais roman de gare ; certe danone est le plus gros industriel alimentaire et son but n’est pas forcément de préserver la santé publique mais de faire des bénéfices pour éviter que des salariés soit pâs au chomage à cause de délocalisation (comme chez lu) ; Vous vous trompez de cible : attaqué plutot le ministere de la santé car la santé publique reste avant tout son domaine !!!

    Cordialement

    Jeff

    Ps : mon e-mail jeff

  • Le 18 mars 2005 à 19:29, par ?

    je viens de découvrir votre article et bravo, pour ma part il y a longtemps que je n’achètes plus cette marque. J’aimes mes enfants alors j’achètes des yaourts bio nature pas plus chères et je fais moi-même mes confitures.

  • Le 3 octobre 2005 à 18:59, par ?

    Comment penser une société sans danone. Il n’y a quasiment plus que ça dans les magasins. Et puis, que deviendraient nos médias, sans la pub danone, ils auraient le droit de devenir intelligents

  • Le 24 novembre 2005 à 16:55, par ?

    MORT-DE-RIRE cet article c’est du caviar !

    Du début jusqu’à la fin, on sent bien l’auteur campé sur ses positions et probablement prêt à y rester quoi qu’il lui en coute, raison pour laquelle il ne se rendra lui même jamais compte qu’il ne connait rien au sujet.

    je passe sur le fait qu’apparemment la notion de marque distributeur est pas bien claire dans sa tête.
    (avant que Danone produise des marques distributeur, toi tu auras un doctorat en économie bonhomme !)
    Je pense que tu ferais bien d’ouvrir quelques livres sur le sujet mon garçon.

    En bref, c’est brêves de comptoir : tellement persuadé de détenir une vérité qu’il ne se rend pas compte qu’elle n’est fondé que sur son ignorance.

    En tt cas merci de contribuer à l’agrandissement de ma culture, encore ce matin, je ne savais pas qu’on pouvait se la ramener autant en connaissant si peu de choses sur un sujet.

    Je t’embrasse l’ami

    J-B

    P.S : Ne vous sentez pas obligés de publier ma réponse, je dois surement être un agent infiltré de Danone pour faire de la propagande ! (A moins que ce ne soit ENCORE un coup du gouvernement...)

  • Le 3 mai 2007 à 17:13, par al

    Up

    Danone monopolise les espaces pub.

    Danone sort des "nouveautés" bidons (genre : "maintenant avec des pépites de chocolat !" ou "maintenant en mini !") tous les 3 jours pour pouvoir continuer à nous mattraquer le cerveau sans qu’on puisse lui reprocher ce monopole. (je situe : espace publicitaire de chaînes publiques et privées belges). c’est une forme de harcèlement qui, naturellement, induit des plaintes.

    Danone prétend vendre des produit "solution" à une mauvaise hygiène alimentaire, une mauvaise hygiène alimentaire qu’elle contribue en fait, avec d’autres multi, à généraliser.

    si son intention est d’aider la population à être en meilleure santé, qu’elle dénonce la fabrication malsaine des produits de l’agro-ali
    (et alors elle scie la branche sur laquelle elle est perchée, si elle continue à faire partie de ces "mauvais producteurs")

    ou bien qu’elle continue à participer à la malbouffe mais se taise (et alors elle crève par manque de visibilité, dans le cadre de la logique commerciale actuelle)

    ou bien qu’elle se focalise réellement sur la production de produits sains.

    alors elle diminuerait fatalement de taille dans le cadre de la logique de croissance actuelle mais on peut imaginer qu’elle pourrait participer en cela à l’organisation d’une nouvelle manière de nourrir les masses qui pourrait devenir,

    (après une période nécessaire de récession globale douloureuse pour presque tous (qui, j’en convient bien, serait en réalité fatale au tiers monde qui survit grâce au modèle actuel si l’occidental n’accepte pas d’être le premier à voir radicalement baisser son niveau de vie, à commencer par les "petits" (suivront obligatoirement les actionnaires))),

    un modèle global de production plus cohérente sur le long terme et alors elle sera véritablement devenue un acteur d’une nouvelle manière de gérer les ressources alimentaires et un acteur sur le plan de la santé publique, comme elle prétend abusivement l’être actuellement.
    ce serait la seule manière pour les multi comme elle de sortir de leur "schyzophrénie".

    (ma réflexion omet de considérer la réorganisation du "travail" qui est la base de toute économie. je ne comptait pas développer sur une manière de révolutionner l’économique en écrivant ce billet, surtout que ce n’est pas ma matière, mais désirais comprendre comment les multi de l’agro-ali peuvent sortir de leur "schyzophrénie". je suis ouvert à toutes critiques (sauf méprisante) car je viens de comprendre que le sujet m’intéresse
    plus que je le croyais et que je ne fais en rien le tour de la question. merci bidet, qui que tu sois. merci aux indulgents
    égalements)

    le fait que danone fasse vivre des milliers de personne comme argument contre le boycott est un argument paradoxal. car si la malbouffe continue à augmenter et à se répandre, dans quelles conditions l’"humanité" va t-elle vivre, au final ? n’est-on pas sensé, bio-logiquement parlant, préparer le terrain le plus favorable pour les génération future ?
    l’augmentation du nombre de cancer chez les masses des pays industrialisés ne sont pas dues qu’à l’augmentation de la longévité de la vie.il faut réfléchir sur ce qu’on appelle "vivre".
    certaines personnes semblent trouver absurde de vivre tout en étant condamné à se détruire la santé pour préserver le pouvoir d’achat
    (réflexe d’acheter les produits des multi car ils sont moins cher à la prod. réflexe d’acheter les produits des multi car ils font vivre notre économie) et j’en suis. le fait que je ne détienne pas à moi seul de solution ne m’interdit pas pour autant de participer à la réflexion.

    danone est une cible privilégiée car elle est la plus grosse et la plus visible du secteur agro-ali. il est tout aussi normal de s’acharner dessus qu’il est normal qu’on remette en question l’empire des empires. il faut tenir compte de la teneur symbolique du choix de la cible et ne pas se moquer de ceux qui s’en font leur "moulin à vent". le contre-pouvoir par principe est le seul principe qu’on peut suivre par principe dans une démocratie.

    mépriser les arguments de ceux qui prônent le boycott en parlant d’inconscience, de danger pour la société,
    c’est accorder une puissance à ce type de gestes que ce type de geste n’a jamais eu, lorsqu’il s’agit d’une initiative citoyenne.
    on sait que le boycott ne fera pas crouler une entreprise comme danone, que c’est un geste qui relève plus du message, de la communication
    qu’autre chose.

    mépriser les arguments de ceux qui prônent le boycott en parlant d’inconscience, de danger, c’est donc

    dénoncer implicitement qu’on ne maîtrise pas plus la connaissance des tenants et aboutissants de cette énorme question sur laquelle nous débattons ici que celui-là même qui est taxé d’ignorance,

    et donc, c’est être aussi pédant que celui dont on dénonce la prétendue pédanterie.

    je trouve nul le fait que certains concluent dans le cadre de ce genre de débat que nous sommes de toutes façon pieds et poings liés. cela tout le monde en convient. il faut essayer de comprendre s’il existe une manière de changer cet état de fait, qui, étant un état de fait, n’est donc pas une fatalité.

    j’emmerde ceux qui considèrent le débat comme un jeu de pouvoir. j’emmerde les hypocrites et donc je m’emmerde car mon action au quotidien n’est jamais à la hauteur de ma réflexion. j’emmerde les gens qui campent sur leurs positions parce qu’elles sont celles de la rassurante petite
    culture familliale. j’emmerde ceux qui continuent à penser qu’ils sont redevable aux entreprises car ils ne comprennent pas qu’ils ne sont redevables que d’eux-même. j’emmerde celui qui considère le combat perdu d’avance parce qu’ils participent à la victoire de ce qu’ils prétendent détester le plus au monde et sont donc leur propre ennemi. j’emmerde Nietzsche et Marx qui, aussi incompatible qu’ils en aient l’air, ont tous les deux foutrement raison. Enfin, j’emmerde les donneurs de leçons, donc je sors...

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