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Mon chômage et moi

Dernier ajout : 15 juillet 2001.

Lionel Marcovitch est cadre. Il vit et chôme à Paris, dans le XXe arrondissement. Il ne lit plus la presse, ne regarde plus la télé, n’écoute plus la radio, par dégoût. Dans sa cave il confectionne studieusement des cocktails molotovs, de quoi faire flamber (par ordre de priorité), les sièges : du MEDEF, de la CFTC, de FO, de la CFDT, de la CGT, de SUD (là, il hésite encore un peu). Du ministère des finances, sur lequel il n’a plus aucune hésitation. Pour les agences locales des ASSEDIC et de l’ANPE, il pense qu’au premier signal donné ses frères chômeurs feront le boulot très correctement eux-mêmes. Afin de ne pas être démasqué, même ses voisins ne savent pas qu’il chôme. Même si, eux aussi chômeurs, dans leurs nuits d’insomnies, ont bien remarqué les navettes incessantes entre la cave et l’escalier de l’immeuble.

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  • Un rendez-vous

    15 juillet 2001, par Lionel Marcovitch

    Il est midi quarante-cinq, j’entre pour la première fois dans une ANPE depuis 10 ans. Esther, qui porte un badge d’assistante animatrice m’accueille avec un sourire. Comme je suis nouveau, elle m’explique un peu le fonctionnement de la maison et me donne un numéro d’attente, c’est le zéro, difficile de pas penser que ça commence mal. Tout est en jaune et bleu, ça fait couleurs du Club Med, on s’y croirait. Sur de grands panneaux sont notés : « Se (...)

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    7 juillet 2001, par Lionel Marcovitch

    Il est 14 heures, il y a une quinzaine de personnes dans la salle d’attente, plutôt jeunes, le visage fermé, qui attendent sur des sièges de salle d’attente relookés mais pas très confortables. « Les gens qui viennent à la réunion d’information venez me voir », crie le guichetier. Nous sommes un petit groupe à passer devant tout le monde, les autres qui attendent ont pas l’air d’apprécier la manœuvre. On donne nos noms et le gars note d’une petite (...)

  • Une attente

    9 juin 2001, par Lionel Marcovitch

    Je suis chez moi et je fais mes comptes, c’est pas brillant ; pire : catastrophique. Depuis des semaines, je tourne et retourne les choses dans ma tête, je ne sais pas comment je vais payer mon loyer. En apprenant ça, des amis m’ont proposés de me prêter, j’ai refusé à tous en m’en sortant par une pirouette. Voilà un mois et demi (je compte pas encore les jours, mais ça viendra) que je ne mange que des pâtes et des lentilles. De temps en temps j’arrache au (...)

  • Un appel

    30 mai 2001, par Lionel Marcovitch

    Voilà ça y est, je suis inscrit, d’un coup de fil, c’est magique. Je suis tombé tout de suite sur la bonne personne, une « télé-opératrice » qui, après quelques renseignements, m’a déclaré inscrit et m’a informé que je devais maintenant assister à une réunion d’information. Bon y a qu’un petit souci, c’est que le numéro de téléphone auquel j’ai dû appeler, c’est un 08..., et donc que la communication coûte je ne sais pas combien la (...)

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