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Sangatte : un non lieu, pour des non-gens

samedi 20 octobre 2001,

« Et vous n’avez pas peur d’attraper des maladies ? » me demande un C.R.S. m’escortant jusqu’à l’entrée du centre. Inauguré en septembre 1999 le « centre d’hébergement et d’accueil d’urgence humanitaire » de Sangatte (800 habitants), situé à quelques kilomètres de Calais, a accueilli 78 000 étrangers depuis son ouverture. Avant c’est dans la rue qu’ils dormaient en attendant chaque nuit de gagner l’Angleterre. Fin août, ces indésirables étaient environ 1700 (un record). Le 16 octobre dernier ils étaient 1085. Mais comment être sûr de ces chiffres puisqu’à part la Croix-Rouge qui « gère » ce centre et quelques agités, tout le monde fait semblant qu’ils n’existent pas...

Déjà il y a la mer, parcourue de rayons de soleil, traversée sans cesse de ferries blancs. Et puis il y a le sable blond, doux. Des dunes, un rang de maisons, une route, un autre rang de maisons et puis des champs à perte de vue. Sangatte c’est ça, une ville-rue un peu éteinte pendant l’automne. Un axe qui traverse tout et que tout le monde traverse sans cesse. Des policiers, des douaniers, des C.R.S. Et puis encore d’autres policiers en civil, anglais, français. Et puis enfin des migrants. C’est ainsi qu’il faut les appeler puisque « sans-papiers » ils ne font que passer et que bien sûr personne ne se bouscule pour leur dire, qu’ici aussi, ils ont droit de demander l’asile, de bénéficier de la « protection » de la convention de Genève.

Sur chaque poteau de la ville, le parti de l’affreux grand blond borgne, ou ce qu’il en reste, a bien fait les choses. Il y a des autocollants. Certains habitants les ont arrachés, beaucoup d’autres pas. Avant d’arriver au centre de cette bourgade, il y a un VVF occupé par les C.R.S., mais ce n’est pas tout. Il y en a aussi à Saint-Omer et à l’hôtel Capthorn à Coquelles. Qu’est-ce qu’ils y font ? Rien, absolument rien, ils sont là et c’est tout.

A Sangatte, les maisons s’appellent « L’Albatros », « La Terrasse », « Les Goélands », « La Maison Blanche ». C’est calme et c’est charmant, il fait beau, ça sent bon.

Pas bien rasés, pas bien habillés, ils marchent deux par deux dans la rue principale. Eux ce sont les étrangers. Libres comme l’air, ils s’appellent Ali, Hassan, Rafik... La majorité d’entre eux en ce moment vient d’Afghanistan. Ils sont là, mais ils n’existent pas, ils sont des fantômes, des errants qu’on ne contrôle pas, qu’on évite de regarder, ils sont presque invisibles.

Il n’y a pas d’attroupement, pas de bruit, juste un passage permanent : aller, venir, marcher, passer. C’est à se demander s’ils ne marchent pas par peur. Par peur de s’arrêter, de tomber et de rester là. Alors toute la journée, ils marchent.

Il est deux heures moins le quart. Entre le village et le « centre » de la Croix-Rouge, un gigantesque hangar de tôle de 25 000 mètres carrés, j’en croiserai plus de cent à marcher le visage fermé, pas encore arrivés, semblant aller nulle part.

Au coin d’une ruelle, deux petits vieux regardent ce ballet. C’est une triste maison celle de ces vieux. Pas une fleur, pas une plante, pas une couleur, seulement une télé qui clignote et puis des hommes derrière les fenêtres qui regardent d’autres hommes passer. Ils ont eux aussi le visage fermé, ils sont comme assommés. Eux ils ne vont nulle part, ils ne se sont pas arrêtés, ils ne sont pas passés, ils ne font rien à part manger, dormir et regarder. Ce sont de tristes vieux, c’est une triste maison d’où l’on regarde des hommes amenés par les craquements du monde : passer, toujours passer et ne jamais s’arrêter. A ne rien y comprendre.

A l’entrée de cette chose gigantesque qu’est le centre, entourée de grillages et surplombée du drapeau de la Croix-Rouge, une camionnette de C.R.S. contrôle les gens qui veulent entrer. Mais comme ici tout est inversé, on ne demande les papiers qu’aux « riches » (ceux qui ont une voiture), et aux « blancs » (ceux qui ont l’air d’être français et sont bien habillés). Les étrangers eux, ils passent, ils n’existent pas.

Bon d’accord je me moque, mais c’est la stricte vérité. Je serais curieux de savoir combien il y a de dépressions par compagnie de C.R.S. et par semaine. Parce qu’ici il faut faire le contraire de ce que les successifs ministres « Pasqua, Debré, Chevènement, Vaillant » ont toujours demandé. Ici on fait tout le contraire. Ne contrôler que les riches, que les blancs, et pas un étranger.

Dehors, sur les grillages qui ceinturent le centre, il y a du linge qui sèche, des petits groupes qui discutent. « Il faudrait 1000 pantalons et 1000 pulls » dit l’un des responsables de cette urgence humanitaire qui n’en finit pas. La Croix-Rouge est débordée. Elle n’a plus de vêtements d’hommes à donner. Pas un pull, pas une chemise. Alors... chacun garde son linge, le surveille, le couve, le protège. Avant l’entrée du hangar il y a des cabines téléphoniques qui sont prises d’assaut, une famille dans chaque. Quatre cabines, quatre familles, quinze personnes et puis un attroupement, une file, un groupe qui attend.

Passé le porche c’est le tumulte, les odeurs. Du grésil pour désinfecter, de l’eau de javel. Et puis des bruits, un brouhaha permanent de voix, de pas qui glissent sur le sol de béton. Un sentiment d’urgence mêlé à de l’attente permanente. Des dizaines, des centaines de voix qui parlent en même temps sous le hangar encombré de baraques de chantiers et de tentes.

C’est propre, tout est sans cesse nettoyé, désinfecté parce que chaque jour des personnes arrivent et d’autres partent. L’hygiène est un équilibre précaire sans cesse à préserver.

Alors, je m’assois et j’attends. Un jeune Afghan vient me trouver pour discuter. Il est ici depuis quatre jours, il vient d’Italie. Chaque jour ou plutôt chaque nuit il tente sa chance vers Eurotunnel. Il sourit. La France, il s’en fout. Il est convaincu que le droit d’asile n’y existe plus. Alors c’est en Angleterre qu’il veut aller. Il y sera « quand la chance se présentera ». Chaque soir il recommence, et revient au matin accompagné par la police. « Taxi-police » on appelle ça ici. Il a régulièrement sa famille au téléphone, un frère à Kaboul. Il sait combien on y bombarde sur des objectifs militaires, mais aussi que des civils y meurent. Il voudrait en savoir plus, je ne sais rien.

Il s’en va. Je reste assis à écouter la vibration de ce que le Directeur-adjoint aimerait qu’on n’appelle pas un camp, parce qu’il y fait tout ce qu’il peut, y passe beaucoup de temps pour que ce soit vivable. N’empêche qu’ici on ne peut pas ne pas penser à la guerre, à une opération d’urgence ponctuelle, à une situation de conflit, à des déplacements de population pendant une guerre.

Mais oui, c’est bien d’une guerre dont il s’agit. Avec des rescapés, des naufragés abasourdis. Le désordre là-bas, pas si loin. Des pays vassaux qui filtrent. Et puis un empire qui fait tout pour se protéger au mépris du droit international. Enfin, ceux qui réussissent à y parvenir, à y entrer, et bien on fait tout pour qu’ils ne fassent que passer, qu’ils ne disent rien, qu’on ne les voit pas. C’est une guerre discrète et pourtant meurtrière. Une guerre contre les étrangers, contre les pauvres, les gens du Sud qui voudraient venir au Nord. Une guerre qui tait son nom et cache les victimes. Une guerre de communication teintée de mauvaise conscience, et d’une touche « d’humanitaire ».

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Aujourd’hui, au centre il y 1085 personnes sous ce hangar gigantesque. Ils mangent, ils dorment, ils sont soignés, habillés quand c’est possible et puis ils partent. Afghanistan, Irak, Iran, Kurdistan, ex-pays de l’Est et un tout petit peu d’Afrique, voilà d’où viennent ces « passagers ».

Comme la vie continue malgré tout, malgré rien, six enfants sont nés dans les hôpitaux de la région depuis l’ouverture du centre. Six enfants déclarés, identifiés, recensés, qui ne sont pas restés. Qui, le soir venu, sont partis avec leur parents se cacher dans un train, un camion, un ferry. Des petits Français inexistants qui ne sont pas restés, parce qu’ici c’est nulle part, ce n’est rien, même plus un espoir.

Chaque soir plus de 300 de ces invisibles se mettent en route. Sur leur passage ils laissent une odeur de grésil, l’odeur du camp. Chaque matin 250 d’entre eux reviennent. C’est la moyenne à laquelle il faut ajouter ceux qui se cachent dans les bosquets autour de la ligne de chemin de fer, dans les sous-bois, ne veulent pas être vus.

A la Croix-Rouge on gère l’urgence au quotidien et on se méfie des médias. Trop d’approximations, trop de conneries, trop d’à peu près. Des demandes de reportages il y en a 6 par jour : 2 TV, 2 photographes et 2 journalistes de presse écrite. Et puis il y a des mauvais souvenirs. Des photographes qui se croient chez eux et photographient tout et tous sans respect, ni précautions. Des journalistes qui se faufilent et entrent dans le peu d’intimité qu’arrivent à préserver les gens d’ici.

Beaucoup de mauvais souvenirs. Canal+ qui mélange « migrants » et « réfugiés ». Qui mélange les chiffres, faisant passer de 700 à 1700 les « étrangers » présents. Un photographe qui vient pour un journal sérieux et finit par publier son reportage dans un torchon, Entrevue. Du spectacle, de l’émotion, des approximations, de l’événementiel. Rien ou si peu qui pose des questions, explique.

Alors le temps passe et rien ne change. Un consensus pourtant se dégage auprès des gens qui viennent souvent, ou travaillent ici. « Cette situation ne profite qu’aux passeurs. » « C’est une hypocrisie ». Le prix du passage tournerait entre 2000 et 4000 francs. Pour y arriver chacun a payé de l’ordre de 50 000 francs. De quoi commencer une nouvelle vie.

A 16h45, les familles se mettent en route vers l’Angleterre. Il pleut, c’est l’automne. Un petit enfant marche avec un lapin dans les bras. Un père porte son fils. Sa femme marche à côté de lui avec trois grandes filles qui ne sourient pas. Avec pas mal de chance demain ils seront en Angleterre.

« Quand je vois une famille partir comme ça, j’ai envie de prendre ma voiture et de les faire traverser », dira un des membres de la Croix-Rouge malgré son devoir de réserve. A Sangatte, il y a beaucoup de devoir de réserve. Beaucoup de silence, beaucoup de non-dits, de regards. Beaucoup de paroles qui ne sont qu’étourdissantes, parce que jamais, jamais il n’est possible d’oublier tous ces morts pour rien : électrocutés, écrasés, asphyxiés...

Alors il faut oublier, oublier encore. Marcher, parler, et oublier ce sentiment de honte qu’on ressent à être témoin de ça...

Au bout du terrain, deux C.R.S. tentent de discuter avec des africains qui font sécher leur linge sur des grillages. C’est un échange de sourires un peu surréaliste. Les uns comme les autres attendent de partir, de passer, d’en finir avec cette errance. Ils sont soudanais, parlent quelques bribes d’anglais. Ceux d’en face s’ennuient, obéissent, ils sont là.

C’est l’heure du repas. Une file se constitue derrière des barrières, une colonne organisée de 500 à 700 personnes qui se forme en file indienne. Un léger brouhaha serein, un brouhaha d’attente.

Plus tard, un homme se plaint du froid, un autre des couvertures. Et en même temps ils sourient, heureux d’exister, heureux qu’on les écoute. Ils sourient qu’on les écoute, sans parler de l’essentiel, sans se plaindre du principal. De la vie.

Une bagarre éclate. De loin on voit un attroupement, on perçoit des cris et comme un flot qui y converge. Très vite Omar et Serge, les médiateurs-interprètes, sont dans la mêlée, essayant de raisonner. Il y a quatre ou cinq personnes qui se battent, et autour un attroupement d’une centaine d’autres, au milieu desquels des types émergent et se ruent, frappent en criant, se précipitent les uns sur les autres. Il y a des coups de poing, des coups de pieds. Il faut plonger au milieu des combattants pour réussir à les séparer, les retenir, les tenir par les bras. « Please, please, please ». Il y aura un blessé léger. Il est petit, trapu, musclé, énervé et souriant. Il a une entaille sur le front. C’était une dispute de petits passeurs. Des histoires comme ça, il y en a tout le temps.

De la porte du hangar, derrière des grilles, on aperçoit les ferries qui se succèdent. La côte anglaise est éclairée par le soleil, ça fait comme une ligne blanche au milieu du bleu, une ligne blanche si proche. Moins de cinquante kilomètres.

Entre février et août dernier quatre migrants mouraient. Quelques semaines plus tard, c’est à l’hôpital que trois autres se retrouvaient après avoir tenté de sauter sur le toit d’un train. En septembre un jeune Irakien de vingt ans était fauché par une voiture. Quelques semaines plus tard un jeune Kurde était écrasé par le camion dans lequel il était monté. Son cousin âgé de 15 ans est aujourd’hui encore au centre sous le choc. Des morts absurdes, des morts sans responsables, des vies comme ça, perdues, oubliées, emportées par le vent de la mer.

Des morts sans responsables, à part peut-être un ministre de l’Intérieur qui a en charge ce dossier, et se prépare pour les élections.

Voilà Sangatte, c’est la nausée, le sentiment de vies brisées, des regards, des mains qu’on a envie de serrer. Des hommes qui avant de se mettre en route regardent sur la mer des bateaux passer. Ce n’est pas un flux, pas une masse, pas une cohorte. Quelques dizaines de personnes qui chaque jour arrivent ici. Quelques gouttes, quelques échos de ce qui se passe dans le monde. Quelques familles, quelques enfants, quelques femmes, quelques hommes. Des gouttes d’eau face à la médiocrité de nos gouvernants.

Sangatte c’est l’endroit en France où les policiers voient le plus grand nombre de « sans-papiers » circuler. Et les « sans-papiers » le plus grand nombre de policiers.

Et puis il y a le sentiment d’insécurité de la population. Un viol, du racket, à chaque fois perpétrés par des policiers. Un hasard, une fatalité. Non, ce que produit un camp. De l’arbitraire et de la peur, un sentiment diffus de mort, de fin de vie de l’humanité toute entière.

Des morts, des blessés, des hommes qui marchent dans la nuit, des morts, des blessés, du désespoir à ne plus savoir qu’en faire, des corps, des mots hachés, des sourires, des poignées de main, des petits matins, du brouillard, du soleil, une ligne blanche où laisser ses yeux se perdre, se réfugier avant de se mettre en route, des ferries qui passent au loin.

Quelques pas de plus dans le non-droit.

P.-S.

Plusieurs collectifs et associations appellent à une mobilisation à Sangatte, sur place, le week-end des 19, 20 et 21 octobre 2001.

Pour en savoir plus :
- Hacktivist News Service.
- le GISTI.

Mais aussi : Sangatte camp exposes brutal French and British asylum policy

(photo récupérée sur le site du GISTI, NDLR)

Vos commentaires

  • Le 21 octobre 2001 à 12:56, par Jacques

    Place de l’eglise de Sangate, décision prise de rejoindre le centre à pied,
    où étaient retournès quelques militants, puis débuter la marche.

    A peine pris le départ, la camionnette de CRS qui nous surveillait de loin
    depuis notre arrivée. s’avance jusqu’à notre hauteur, pour nous demander
    nos intentions, puis nous dépasse...

    Alors que nous sommes à quelques centaines de metres du centre, nous y
    entendons de nombreux cris. Inquiétude : Les flics y sont-ils entrés
    pour empécher les réfugiés de nous rejoindre ? Quelques instants plus
    tard, les cris se transforment en clameur. Perplexité...

    Alors que nous arrivons à l’entrée, nous nos craintes se dissipent en
    voyant des dizaines d’ombres suivant les quelques militants présents
    dans le centre. :-)

    Négociation rapide avec les flics, qui nous accordent l’autorisation
    de marcher vers Eurotunel. Seule condition : qu’un de leurs véhicules
    nous précède... N’ayant pas vraiment envie d’avoir le décors de notre
    marche entaché par ce genre de véhicule, nous proposons que ce soit un
    de nos véhicule qui fasse le travail. Proposition accordée..

    C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à plus de 250 à marcher en
    pleine nuit :-)

    Nous marchons donc dans la nuit noire, mais dans une ambiance de fête,
    en criant les slogans habituels. Mais en faisant tout de même attention aux
    voitures qui nous croisent.

    Petite indécision en arrivant à un rond-point, juste avant l’arriivée du
    but annonce (un pont juste à coté du site, oq nous avions garré des
    voitures pour notre retour). Nous continuons cependant tous ensemble
    (enfin presque, j’ai l’impression qu’il y avait un peu moins de monde
    qu’un peu plus tôt.. ;-) )

    Arrivés presque à notre but, nous nous arrretons pour discuter de la
    suite des evènements. Evidement, c’est ici que se pose la question : que
    veulent faire les réfugiés ? Retourner à Sangate, ou tenter leur chance.
    Et que devons nous faire nous-mêmes ?

    Pendant que nous discutons, deux flics (un civil et un en uniforme de la
    PAF) nous rejoignent, et demandent nos intentions. Certains réfugiés
    demandent à ce que les flics les rapatrient à Sangate. Les flics
    refusent : vous n’ètes pas encore dans la zone interdite...

    Le temps que nous discutons, les sans-papiers montre leur décision :
    une grande partie d’entre eux s’avance vers le pont !
    Les flics les laissent passer...

    Nous restons là, à les regarder tenter leur chance (passage de frontière
    ou rapatriement automobile à Sangate, allez savoir ! )

    Une autre partie des réfugiés décide de rentrer à pied à Sangate.
    Afin d’éviter qu’ils ne marchent trop, nous organisons des navettes
    automobiles. La route du retour est très encombrèe : Des réfugiés
    marchant dans les deux sens. Lors de mon passage en voiture devant le
    centre, nous voyons un véhicule de la police débarquant un groupe de
    réfugiés. Faisaient-ils partie des marcheurs, où etait-ce des personnes
    ayant tenté leur chance en dehors de nos activités ?

    Dans tous les cas, J’ai l’impression que les CRS ne vont pas beaucoup
    dormir cette nuit... :-)

    A+ Jacques.

    • Le 13 novembre 2001 à 16:40, par Walt Dickney

      Il veulent aller en Angleterre ? On les laisse passer. Point à la ligne ça ne nous concerne pas. Mieux on leur file gratos les tickets Eurostar. Et les anglais vont gueuler. ouais. Surement. ALros que c’est eux qui les ont attiré en leur faisant miroiter moultes avantages (maison, argent... etc.) Et maintenant ? Ils n’en veulent plus, ils le rejettent. Et on les récupère en essayant tant bien que mal de les héberger chez nous, tout en sachant qu’ils ne veulent que ALLER en Angleterre... Cercle vicieux infini et donc interminable.

      • Le 24 octobre 2003 à 20:13, par ?

        chez eux, c’est la guerre la famine et tout.
        ça nous regarde pas hein ?
        on peut pas accueillir toute la misère du monde hein ?
        Mais non on est pas egoistes.
        On est 5% en France en dessous du SMIC, c’est pour ça qu’on se permet d’etre radins avec les plus pauvres que nous.
        D’ailleurs si on avait du fric, et ben : on le garderait madame !
        Voilà, alors non non, personne n’est responsable : on est tous coupables ! Et ceetains plus que d’autres : les riches...

        • Le 2 décembre 2003 à 22:22, par angix

          Notre nouveau gouvernement, n’aime pas tout ces gens : l’Afghanistan est un pays sûr au yeux de la France, même si tous les jours des gens se font tuer par les bombes que nos chers amis Américains n’arrivent pas à stabiliser la situation, la France rejète en bloc tous ces ressortissants Afghans sous ce prétexte et c’est honteux, des jeunes gens mourront si la France les renvoient

          • Le 15 janvier 2004 à 12:05, par ?

            je demeure à COQUELLES petit village paisible à 2 KM de l’ancien centre de réfugiés de SANGATTE. vous ne faites pas allusion aux dégradations et agressions commises par les "pauvres réfugiés de ce centre" dans les champs : barbelés arrachés laissant s’échapper les chevaux, vaches ; les rejets d’ordures dans champs canettes de biere et autres détritus, excréments ,a au climat d’insécurité qui a régné pendant ces 3 années de centre, les jeunes filles interpellées, les agressions physiques et verbales, les réseaux de prostitution et de trafic de drogue mis en place par ces "malheureux réfugiés", les policiers et crs agressés, les règlement de compte entre ethnies différentes. Il est vraiment dommage
            que vous jugiez sans faire la part de choses et en n’interrogeant pas les personnes directement concernées.

    • Le 10 mars 2005 à 16:23, par LA VERITE

      MOI MEME JE SUI SANGATTOISE EST A TRAVERS VOTRE TEXTE JE NEST VRAIMENT PAS L’IMPRESSION QUE VOUS VOUS METTEZ A LA PLACE DES HABITANTS, DE CE QUON A PU VIVRE, A LEPOQUE DU CAMP J’AVAIS 17 ANS JE N’AVAIS MEME PLUS LE DROIT DE SORTIR SEULE A PARTIR D’UNE CERTAINE HEURE, MEME DANS MA PROPRE COURS JE NE POUVEZ PAS SORTIR PAR PEUR QUON ME VOIT CAR ILS COUPAIENT LES COURS AFIN D’ALLER AU PLUS VITE, BREF JE C CE QUE J’AI VECUE EST SACHEZ QUE CE SONT LOIN D’ETRE LES PLUS BELLES ANNEES DE MA VIE. JE NE PRECISERAIT PA PLUS CE SUJET QUI MET DIFFICIL DEVOQUER.

      • Le 13 novembre 2005 à 01:00, par marcsali

        Je vous félicite mme. de votre humanité
        il ne faut pas vivre dans le passé néanmoins qui peut vivre sas son passé ??

        Votre texto me fait chau au coeur, étant
        venu en tant que refugié en France à 20 ans
        aujord’hui je me pense integré....mais pas amnésique ;-) ...comment peut-on vivre à côté de la detresse et se reffuser à ouvrir les yeux devant cela ... Hummaniste et chrétien dans l’âme et mes gestes nous ne devons jamais perdre le capacité de révolte devant la douleur et le chagrin
        d’autrui.

  • Le 22 octobre 2001 à 09:31, par Marie F

    JOURNEES D’ACTION DE SOUTIEN AUX REFUGIES DE SANGATTE

    voici un compte rendu..j’espère qu’ily en aura d’autres pour plus
    d’objectivité...

    chronologie des événements :

    - du 15 au 20 octobre : expo de dessins d’enfants réfugiés, de photos et
    d’info dans le hall de la mairie
    - le 17, un groupe de réfugiés (ados et de parents) ont été amenés par
    "Opale bus" visiter l’expo

    - le 19, 18h30 forum. Divers prises de parole, pas vraiment de débat, environ
    250 personnes
    - différences de points de vue entre humanitaires-politiques et "activistes"
    - animateur : Daniel Leau (journaliste au mensuel "Opâle Attitude")
    J’ai pris quelques notes...Un enregistrement a été réalisé ainsi qu’une
    prise en sténo...donc, l’intégral sera bientôt disponible pour les
    intéressés...

    A la suite des prises de parole de Véronique Desenclos (La Belle étoile),
    H.Flautre (député eur.Verte), B.Caron (alternatif), l’animateur a plusieurs
    fois insisté sur le fait qu’il manque des engagements concrets des élus pour
    que les pouvoirs publics prennent conscience de l’impasse de la situation.
    Il a souligné que ceux qui veulent fermer le centre (sans rien proposer en
    alternative), ont le soutien d’élus qui proposent et votent des motions lors
    de conseils municipaux et sont bien plus actifs que nous.
    Les déclarations et les voeux pieux de ceux qui se disent du côté des droits
    humains sont insuffisants.

    Mm Gest,conseillère régionale verte, s’est défendue en disant qu’elle était
    intervenue pour empêcher la fermeture du centre. Elle a déploré le manque de
    soutien de l’exécutif. Elle a parlé de l’amalgame entre passeurs et
    réfugiés. S’il y a des passeurs, c’est parce qu’ils ont leur utilité étant
    donné que les réfugiés ne peuvent passer légalement. D’après elle, il n’y a
    pas tant de trafics. Elle a souligné que l’ouverture du centre il y a deux
    ans a été une victoire , mais une victoire amère puisque le problème n’est
    toujours pas prêt d’être réglé. Elle dit qu’il faut exiger la présence
    d’associations d’aide aux étrangers et des services administratifs sur place
    (Pour l’instant, les demandes de régularisation en France doivent être
    faites à Arras à 100km de Calais...)

    Un alternatif s’est plaint du fait que les socialistes régionaux se sont
    focalisés sur la fermeture du centre, qu’eux, ne pèsent pas lourd face aux
    autres et que la motion pour la fermeture a été présentée en "catimini" en
    fin de réunion...

    Olivier Aubert est alors intervenu pour affirmer que Sangatte était le seul
    centre de ce type en Europe, que le problème n’était pas seulement au niveau
    local, et qu’il fallait mettre en place un réseau transversal de lutte, en
    dehors des amendements et des motions d’élus. Le HCR doit être saisi, des
    procédures contre le gouvernement français doivent être engagées pour non
    application de la convention de Genêve, violation des institutions
    internationales. Un travail pédagogique doit être entrepris avec la
    population pour expliquer, réduire les peurs, les médias doivent plus
    s’impliquer.

    Etienne Procheville s’est déclaré étonné de la tournure "provinciale" du
    débat et a déclaré qu’il fallait s’allier entre réseaux pour s’attaquer à
    tous les centres de réténtion (il a évoqué Palaisaux) et au problème de
    Sangatte qui est sous les yeux de toute l’Europe.

    [Après l’intervention d’Etienne (et son attaque du caractère provinciale qui
    n’a surement pas été bien ressenti par bon nombre de personnes du collectif
    calaisien), Helène Flautre, en bonne politicienne, a salué les victoires des
    groupes locaux et monopolisé la parole quelques temps...je n’ai pas pris de
    nottes, excusez-moi ]

    François Giquel de la coordination littorale CNT a rappelé que la loi de 51
    n’était faite que pour les réfugiés politiques et excluait tous les autres
    types de migrants qui n’entrent pas dans les cadres juridiques , les
    migrants pour raisons économiques ou familiale telle Semira Adamou qui a
    fuit son pays par refus de violences patriarcales.
    Il a également rappelé que dans l’U E, de nouvelles loies augmentent la
    répression, que les élus sont pour ces répressions contre les réfugiés, les
    sans papiers et les militants. A été évoqué également la sélection au niveau
    des pays de départ pour les candidats à l’émigration.

    Une représentante du Gisti a dit qu’il fallait utiliser Sangatte pour
    montrer les incohérences du système, remplacer les pouvoirs publics et se
    substituer à leurs insuffisances, accompagner les demandeurs d’asile,
    organiser des permanences interassociatives, pousser la croix rouge à
    trouver se place, produire des documents en plusieurs langues.

    Andry, de la Cimade, a énoncé trois alternatives pour "régler" le problème
    du centre de Sangatte : expulser tout le monde, les envoyer tous en
    Angleterre, ou leur donner l’occasion de s’installer en France. Il a dénoncé
    le fait que la situation des migrants varie en fonction de leur nationalité :
    un afghan sera hébergé à Sangatte tandis qu’un roumain se retrouvera au
    centre de rétention de Coquelle...(d’où les fausses déclarations de nombres
    de migrants)

    Un individuel a appelé à la vigilance pour le statut commun des réfugiés
    prévu pour l’Europe en 2004, à mettre la pression sur les pouvoirs
    politiques qui sont censés suivre l’opinion publique, à expliquer à la
    population que les pays ont les moyens de redéfinir leurs priorités
    budgétaires et aider les migrants au lieu de développer l’armement..

    Un représentants de la FSU a déclaré que Sangatte est l’apendice d’un
    problème d’iimigration mondial. C’est le bout de la course, l’impasse. Il a
    parlé de la retenu en amont des réfugiés, denoncé la volonté de réinstauré
    une politique de quotas, comme la Belgique qui veut trier les migrants en
    fonction de leur utilité sociale. Il a souligné le danger et le silence
    coupable de tous les politiques

    Un membre du CSP de Lille a appelé à la mobilisation pour une vie digne,
    avec ou sans le centre de Sangatte. Il a affirmé que le problème est local,
    régional, national, européeen et mondial. Il faut mobiliser sur tous les
    fronts.

    - 21h30 concert avec la Cie Tire Laine et repas proposé par la Cimade de
    Lille.

    samedi 20 : toute la matinée, point info , rencontre et stands à la Maison
    pour tous

    - vers midi des membres du CAE de Paris, CNT Littorale et Droit Devant, ont
    "pris" un rond point à la Cité de l’Europe (immense et immonde centre
    commercial de Coquelle à 20m duquel se trouve le centre de rétention, face
    au site du terminal d’eurotunnel , point de convergence de consommateurs
    français et anglais) pour tracter le texte que le CAE avait diffusé à la
    gare du Nord la semaine dernière.

    - 14h30 rassemblement, autour de 400 personnes
    banderoles et pancartes divers, percu du CSP de Lille qui avait mobilisé en
    nombre, CSP d’Amiens ,des Bruxellois du CAE, d’autres de Paris, la CNT de
    Lille, la FA, la LCR...et les membres du collectif local :AC ! , CNT, LDH,
    Attac, Emmaus, Mission étudiante, pastorale des migrants, Alternatifs,
    verts, ACAT, CCFD, Artisans du Monde, La Belle étoile, Opale écologie,
    Cimade, Gisti, FSU, Action Catholique ouvrière,

    tractage du CSP, du CAE et de la CNT (avec des versions anglaises pour les
    touristes britanniques toujours en nombre à Calais le samedi)

    des slogans tout le long du parcourt "solidarité avec les réfugiés"
    "étudiants, salariés, chomeurs, réfugiés, solidarité" "ouvrons les
    frontières, partageons les richesse"..."nous sommes tous des enfants
    d’immigrés"
    Collage d’autocollants le long du parcourt, qui avait déjà été jalonné
    d’affichage sauvage( "fermez lez yeus où vous risquez d’apercevoir ces
    réfugiés que personne ne veut voir" "quel avenir pour les réfugiés")
    le parcours négocié avec les Rg par le représentant de la LDH a été rallongé
    sous la pression d’une grande partie du collectif
    un sit in était préu (par les verts) mais vu la chaussée détrempée, l’idée a
    été abandonnée.

    arrivé à la sous préfecture, une délégation de six représentants du
    collectif a été reçue par le sous préfet.Il ont demandé la mise en place
    d’une permanence avec un juriste et de la documentztion en plusieurs langues
    pour informer les réfugiés sur leurs droits et notamment la demande d’asile
    en France. Ils ont demandé que la sous préfectrure calaisienne puisse
    recevoir les demandes à la place de la prefecture d’Arras. En question aussi
    la scolarité des enfants et la création d’un statut européen des réfugiés.
    Un réfugié afghan (qui a rencontré le cortège par hasard) a pris la parole
    pour remercier les manifestants.
    [voir plus loin les raisons de la grande absence des réfugiés dans ce
    cortège...]
    annonce au mégaphone de la suite officielle (célébration multireligieuse) et
    officieuse (concert à 20hsous le hangar du centre de Sangatte et marche de
    solidarité à 21h30 à partir du centre de Sangatte)

    retour vers la MPT en cortège et musique jusqu’à la MPT malgré l’appel à la
    dispersion du president local de la LDH
    des cracheurs de feu et des jongleurs venus de Dunkerque animent le
    trottoir face à la MPT en attendant le spectacle.

    - 17h théâtre et lecture de texte sur le thême de l’immigration

    - 18h tractage à l’intérieur du centre commercial de la cité de l’Europe pour
    dénoncer l’existence du centre de rétention avec la CNT ,le CAE bruxelles,
    et un membre d’Attac ; A noter que l’existence et la fonction de ce centre
    est encore inconnu de la quasi totalité de la population locale.

    - 18h30 nous apprenons que le concert du soir pour les réfugiés est
    annulé...Le directeur de la croix rouge aura décidé de ne pas tenir ses
    engagements ...son discourt variant selon les interlocuteurs (problèmes de
    sécurité annoncé aux musiciens, non reception des messages de confirmation
    annoncée aux organisateurs, improvisation de l’action annoncée aux
    humanitaires du collectif) laisse penser à un sabotage , des pressions de la
    part de ceux qui ne voulaient en rien implquer les réfugiés dans ces deux
    journées d’action.

    Nous aprendrons par ailleurs que la croix rouge n’aura pas non plus tenu ses
    engagements de diffusion d’information malgré les affiches traduits en farsi
    et en anglais fournies le mercredi précédent..
    Une partie du collectif craignait une participation active des réfugiés au
    rassemblement (ils ont parlé des risques que ces derniers pourraient
    encourir s’ils s’exposaient en centre ville) les infantilisant et leur niant
    tout droit d’expression et d’information. Ces même personnes ont tout fait
    pour décourager ceux qui voulaient marcher de nuit en solidarité avec les
    réfugiés , évoquant les dangers de déclenchement de bagarres, de colère des
    passeurs si nous les génions dans leur travail, d’exposition inutile des
    réfugiés à des représsailles policière...

    - 20h : les personnes qui voulaient assister au concert se retrouvent devant le
    centre de Sangatte. L’annulation laisse un sentiment amère mais l’envie de
    marcher dans la nuit sur une partie du trajet effectué plusieurs fois par
    jour et par nuit par ceux qui tentent de passer en Angleterre, l’envie de
    rencontrer et de discuter avec des réfugiés en marchant avec eux en
    solidarité , domine l’assemblée.

    - en attendant 21h30, nous nous rassemblons sur la place de l’église. La
    volonté de faire cette marche est forte malgré les incertitudes quant à
    l’utilité, les conséquences, le déroulement . Nous pensions être une dizaine
    et nous nous retrouvons à 50... Les refugiés ne sont pas
    prévenus...seront-ils avec nous ? Comprendront-ils notre démarche ?
    un groupe part en avance pour les informer (l’entrée du centre est une
    grille située à 300m du hangar, constament gardée par un car de CRS qui
    filtre les entrée, mais les réfugiés vont et viennent librement)
    Notre présence et notre volonté de marche solidaire est annoncée par
    l’intermédiaire d’un ancien réfugié. Les migrants arrivent vers nous par
    petits groupes. La police, par mesure de sécurité demande à nous escorter
    avec un véhicule en warning (des connards roulent à 80km/h sur cette petite
    route de campagne et des accidnts ont déjà eu lieu) Mais nous refuseront de
    marcher derrière un véhicule de police et une d nos voiture se chargera de
    la visibilité.

    Le groupe de réfugiés qui veulent se joindre à notre action augmente
    rapidement (certains pensent que nous voulons les faire passer en Angleterre
    et même passer avec eux...mais tous comprennent rapidement que nous sommes
    dans le cadre d’une action symbolique)

    En attendant les groupes qui sortent du hangar, nous nous mettons à chanter
    "solidarité avec les réfugiés" et les migrants présents chantent avec nous .
    Nous serons accompagnés d’environ 200 réfugiés...4km à pied jusqu’au pont de
    Coquelle d’où l’entrée du tunnel est visible.

    Des tentatives de conversation en anglais (qu’ils sont très minoritaires à
    parler), frustration des problèmes de communication, sollicitation
    permanente de l’unique traducteur, bonne humeur, arrivée d’une journaliste
    de la voix du nord..les réfugiés en profitent pour dénoncer les conditions
    dans lesquelles ils vivent sous le hangar géré par la croix rouge (des
    puces, la gale, manque de couvertures et de vêtements), les incidents avec
    les camioneurs (molestage d’une femme enceinte).Ils nous font part de leur
    volonté d’entamer une grève de la faim, nous demandent si nous pouvons
    revenir tous les jours...

    Arrivés près du pont une partie déclare vouloir tenter le passage en
    Angleterre . Ils s’éparpillent dans la nature..
    Une partie rentre au centre avec nous (une vingtaine).
    Nous organisons un système de navette de voitures pour ramener tout le monde
    vers sangatte (on manque d’entrainement pour la marche ...) mais un groupe
    d’irréductible rentrera à pied jusqu’au bout.
    Quant à la police, elle se contentera de faire en sorte qu’aucun réfugié ne
    montera dans une voiture (les personnes qui prennent des réfugiés en stop
    sont accusée de servir de passeur....) Etant donné que tout s’était bien
    passé nous n’avons pas cherché de provocation de ce coté pour cette fois.
    Mais il est certain qu’une action devrait être entreprise pour dénoncer le
    fait qu’un français ne peut prendre un migrant en stop sans se retrouver
    avec la voiture immobilisée et emmené au poste.

    Ce type d’action, impliquant les réfugiés sans se substituer à eux n’avait
    jamais été mis en place à Sangatte. Tout fut plus ou moins improvisé mais
    l’objectif d’une action politique de solidarité a été réussi malgré les
    humanitaires du collectif qui ne voulaient pas d’implication directe des
    réfugiés.

    Aujourd’hui, les réfugiés savent qu’ils peuvent être soutenus.
    D’ailleurs, ils prévoient prochainement d’organiser une manif pour dénoncer
    leurs conditions de vie.

    Quant à nous, nous savons maintenant que notre soutien symbolique les
    intéresse , que les « hordes d’extrême droite » (annoncées par les RG) sont
    invisibles mis à part quelques autocollants "dégage, tu nique la France",
    que la police ne bouge pas face au nombre, que la barrière de la langue se
    franchit, qu’on ne pourra compter que sur nous même pour diffuser des info,
    que les humanitaires sont des peureux, que les migrants réclament notre
    soutien, que leur condition de vie ne sont pas aussi bonne que la croix
    rouge peut nous le laisser penser, qu’ils sont prèts à tout, QUON DOIT SE
    MOBILISER AVEC EUX ...

    Marie F

    quand on peut faire un peu, ne rien faire est une grave erreur...

  • Le 23 octobre 2001 à 11:02, par Frans

    C’est un très bel article, d’une belle plume et très humain. Il met en lumiere le drame de ces refugies... tout en omettant de remarquer que ces réfugiés sont les plus chanceux, que les autres, restés au pays ne mangeront pas a leur faim ou mourront de froid cet hiver. Que ceux qui se trouvent dans des camps au Pakistan ne rentreront pas de si tôt chez eux, et que la seule école pour leurs enfants est tenue par les taliban.

    L’article cependant ne propose pas d’alternative. Ces refugiés sont dans l’ensemble soignés, nourris, proteges, encadres.. alors même qu’ils sont arrivés en France clandestinement. L’état de droit a accepté cette zone : c’est "un pas de plus dans le non droit". Mais il n’est pas si mauvais, au fond, et les CRS semblent bien peu actifs.

    Et si aujourd’hui la France n’est plus une terre d’asile comme elle le fut autrefois, ce n’est pas que nous sommes devenus plus égoïstes. En quarante ans, la population du globe a doublé. Cette progression vient surtout d’un tiers monde qui a suivi des chemins divergents, entre la Corée reconstruite et riche aujourd’hui, ou l’Inde qui ne s’en tire pas trop mal, et le Congo-Zaïre, le Soudan, le Pakistan, la Colombie, l’Algérie, le Nigéria, qui vu la guerre et l’obscurantisme les dominer. Malgré des ressources naturelles et humaines importantes, ces pays sont devenus plus pauvres. Ils regroupent des centaines de millions d’hommes. Nous ne pouvons pas les accueillir : nous n’en avons plus les moyens physiques. 5%, 10%, 15% de pêrsonnes d’origine étrangère, nous arrivons à les gérer, à essayer de les intégrer. 50% non.

    Nous n’avons pas d’autre choix que de repousser ceux qui veulent venir, et de soigner et d’intégrer ceux qui y parviennent.

    • Le 23 octobre 2001 à 12:07, par O.Aubert

      Et bien non mon cher Frans,

      Ce n’est pas un trés bel article, c’est un petit carnet de
      voyage pas un article journalistique, aseptisé, une modeste contribution bénévole
      pour raconter ce qu’on voit, ce qu’on ressent, ce qu’est ce bordel.

      Je ne me livrerai pas au périlleux exercice de mesurer ce qu’est être plus chanceux ou pas.
      Pour moi les seuls vrais malheureux de la terre, ce sont les occidentaux,
      qui ne savent plus ce qu’est la vie. C’est fastoche de dire ça et un peu agaçant, mais c’est ce que j’observe.

      Ensuite un article ou un carnet de voyage n’a pas a proposer d’alternative
      les maitres a penser, on a suffisamment vus ce qu’ils pouvaient apporter.

      `Que chacun se debrouille avec sa vie, sa culpabilité, son sens des responsabilités.
      Comme petit "chroniqueur" je n’ai pas de conseils a donner.

      Je me demande de quel "Etat de droit" tu parles,
      tolérer, faire semblant de ne pas voir, c’est le contraire
      de l’Etat de droit ou chacun existe est un "sujet de droit"

      80 % des réfugies de la planéte le sont dans les pays du sud,
      la grande majorité ne souhaite pas foutre les pieds en "Occident"

      Quand a ton passage "réaliste socialiste" sur ce
      que "nous" avons les moyens de faire ou de ne pas faire, tu raconteras ça a d’autres
      car "nous" sommes l’un des pays les plus riches de la
      planéte et ce n’est pas un hasard, regarde justement les
      pays que tu cite et l’implication des pays occidentaux ou des
      multinationales tu y verras peut être les raisons des guerres.

      Regarde bien, tu crois vraiment que concernant l’Etat, les gouvernements
      il y a encore un "nous", regarde l’absention, l’inertie totale des gens qui vivent dans ce pays
      il n’y a plus de "nous". IL y a des gouvernants, des partis sans beaucoup de militants et puis des gens qui sont dans le réel, sur le terrain, avec des gens, a vivre des choses.

      Tu parle de "gérer" des personnes d’origine étrangére et pas de vivre ou de construire quelquechose ensemble

      Toi tu vas repousser et moi je vais pousser dans l’autre
      sens et ce n’est pas "eux" qu’il faut soigner,
      intégrer mais la grande majorité des "citoyens" qui vivent dans ce
      pays et dans les autres autour, les soigner de la non vie qu’ils ont
      de la non-humanité, et peut être aussi leur dire tout simplement
      que même dans une société sans projet, il est possible de vivre d’être
      heureux, d’avancer et que ce n’est ni en votant, ni en consommant
      que c’est possible mais en construisant des liens, en essayant de recréer
      quelquechose de l’humanité perdus en Occident.

      Voilà Frans, nous sommes vivants alors nous allons : écrire
      photographier, manifester, marcher, chanter et faire l’amour,
      nous embrasser, nous battre, manger ensemble, rigoler

      O.Aubert

      • Le 23 octobre 2001 à 16:33, par Frans

        Merci de ta reponse.

        Ce n’est pas un Etat de droit qui ferme les yeux - je ne faisais que reprendre tes propres mots. Mais tu ne réponds pas au thème de mon message, qui est qu’on ne peut pas accueillir tous ceux qui le veulent. Nous sommes un pays riche, mais petit, et sa richesse tient à sa cohésion sociale - même si elle te paraît superficielle. Cette indifférence aux autres me déçoit aussi, mais je la préfère à d’autres réactions plus "musclées" que nous avons vues chez nos voisins yougoslaves.

        Et, contrairement a toi je ne crois pas que ce soit notre faute collective, ni une sorte de culpabilite des riches, si ces pays sont dans une misere affreuse. Pour avoir vécu en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, je sais la chance que nous avons avec nos gouvernants, et la chance que nous avons de voter, et d’exprimer des opinions et d’en débattre.

        Enfin on peut ne pas être d’accord avec toi et rire, se battre, écrire, ... vivre quoi.

        • Le 23 octobre 2001 à 18:07, par o.aubert

          C’est de la mythologie policiére que de croire que les
          gens veulent nous envahir, alors forcément, ça fait des
          effectifs, avoir forcément ça fait des statistiques, donc de nouveaux effectifs, donc de nouvlles statistiques, avec plein de petits chefs qui veulent devenir grands et puissants etc..
          Une ronde morbide sans fin. Tous les "étrangers" que je connais
          ne révent qu’a repartir ou a pouvoir circuler : 6 mois ici, ou bien
          3 mois et puis 6 mois là-bas ou bien 9 mais depuis 1974
          avec "l’arrêt officiel de l’immigration", ils sont prisonniers
          soit ici, soit là-bas.
          Mais quand je dis "étrangers", ils ne le sont que par "appellation" car je me sens souvent plus de proximité, plus de sentiment de partager quelquechose d’une humanité que de mes voisins de palier enfermés dans leur respectabilité, leurs convenances, leurs mensonges et leur sous-vie sociale.
          Le mythe policier concernant l’adhésion des
          pays européens pauvres c’était que les portugais notamment
          allaient débarquer en nombre. Avec le développement de ces
          pays c’est tout le contraire qui s’est produit.

          Ensuite quand on fomente, finance des guerres un peu partout dans le monde et bien il n’est pas étonnant que ça "produise" des déplacés
          avec une toute petite partie qui se réfugie vers les ex-pays coloniaux.

          Les Angolais, Mozambicains sont au Portugal, les Nigerians
          et Pendjabis en Angleterre, les guinéens en Espagne etc...
          C’est pas difficile a vérifier...

          Quand tu parles de cohésion sociale en France je ne vois
          pas où tu vas la chercher :
          - taux d’abstension record aux élections
          - sur-consommation d’alcool et d’anti-dépresseurs
          - niveau de convivialité dans la cité au stricte minimum etc...

          Nous sommes dans une société riche et inégalitaire qui ne
          sait plus "soigner" les mots qu’elle génére, une société
          sans aucun projet, sans aucune perspective que de se transformer
          en forteresse, la seule cohésion dans ce pays c’est
          l’indifférence, la TV et le shopping qui sont les seules moments
          ou l’on peut en effet sentir une triste cohésion dans la course
          à l’oubli, l’étourdissement.
          Si je ne crois pas à la responsabilité collective, je crois
          par contre a la responsabilité individuelle mais pas aux "militants tristes" dont parle M.Benassayag dans ces livres, je vis aujourd’hui et je sais pertinemment que ceux qui ont des choses a me promettre sont soit des pauvres types qui sont perdus, soit des menteurs.
          Quand aux notions de "faute", de "culpabilité"
          je ne m’y retrouve pas, ça fait référence a une identité culturelle qui après avoir trop triché a presque quasiment disparu

          Quand à la chance de voter, ce n’est pas un cadeau qui nous a été octroyé par nos princes gouvernants mais un droit qu’on a gagnés,
          Quand a exprimer des opinions et en débattre avec l’etat actuel de la société, les gens qui souhaitent encore s’exprimer et débattre, ça doit être a peine 3% de la population. Les écoles sont des machines a "éduquer" pas des écoles de liberté ni d’autonomie alors débattons, débattons mais avant de me répondre lit, sort dans la rue, va a la rencontre des gens et peut être même va faire un tour entre Sangatte et eurotunnel tu verras trés précisément là ou finit une civilisation si j’ose appeler ça comme ça.

          Aux éditoriaux de journaux, au reportages TV il vaut souvent mieux avoir l’honnéteté d’aller voir, sentir, écouter, renifler

          A se faire une idée de loin, sur tout, sur la vie, le premier risque qu’on court c’est tout simplement de passer à coté

          Alors bonne route, adieu

          O.Aubert

          • Le 31 octobre 2002 à 18:14, par Fourbissime

            c’est pas grand chose, ca ne sert probablement à rien d’écrire ca, mais je voulais juste te dire que je partage ton point de vue.

  • Le 20 juin 2002 à 10:46, par JOSSE Francis Yves Alfred

    invasion à LILLE (59)


    Original Message -----
    From : "jossef" <jossef@wanadoo.fr>
    To : <webvdn@lavoixdunord.fr>
    Sent : Thursday, June 20, 2002 8:32 AM
    Subject : Invasion

    Avez-vous vu ce qui se passe actuellement sur l’Esplanade, à l’extrémité, côté Grimonprez ? Depuis quelques jours, trente à quarante véhicules hétéroclites stationnent en bordure du canal. Une population bigarrée aux accents d’Europe centrale (tziganes ?) semble avoir élu domicile. Il ne s’agit pas, cette fois, de caravanes confortables de "gens du voyage" auxquels nous sommes par obligation habitués mais de fourgonnettes de tous types, de tous âges ! Quelques véhicules ne repartiront pas par leurs
    propres moyens, à bout de souffle, sur cales, sans roues. Cela ressemble à la tribu qui a envahi Fives en mars, puis le terrain délaissé d’autoroute à RONCHIN.

  • Le 22 décembre 2002 à 16:33, par André

    Je suis heureux de lire Olivier Aubert.
    Je partage son point de vue et je le remercie de me permettre de mieux comprendre ce qui se passe et ce qui faut changer ici.

    Pour faire avancer encore la réflexion, j’ai fait une modeste interview de Smaïn Laacher et je l’ai publiée sur deux sites :

    Le site des Verts de Roubaix

    et Le site de Terre d’Escaleid_article=208]

    Je vous invite à la lire et à faire part de vos réactions.

    • Le 22 décembre 2002 à 20:33, par O.aubert

      Bonjour

      J’ai lu cet interview de Smain Laarcher.

      Plusieurs choses me génent :

      - il ne fait jamais référence aux gens qui lui ont permis de réaliser cette étude devenus livre, notamment aux médiateurs-traducteurs qui pour certains étaient les seuls véritables interlocuteurs des réfugiés de Sangatte.

      - Il ne considére pas que Sangatte est un camp puisqu’on est nottamment libre d’en sortir, certes mais pour aller où ?, comment ?, y faire quoi ?, quand toutes les portes demeurent verrouillés.

      - Il est présenté comme l’unique auteur de l’étude sur "l’après régularisation" alors que François Brun également chercheur en est le co-auteur

      - j’ajouterai que la position d’apparaitre dans les médias et donc d’accepter les conditions des débats qui y sont imposés est trés discutable. Il y a longtemps que je ne crois plus que les gens qui utilisent les médias soit disant pour y dire quelquechose sont dupes du fait que moins de 50 % de leur discours sera peceptible par les auditeurs.
      Quand on accepte d’être sur un plateau de télévision aujourd’hui c’est pour y jouer un rôle qui a été pré-déterminé par des animateurs, y accepter d’être coupé, de ne pas avoir les conditions pour y parler librement et pouvoir expliquer réellement sa pensée.

      Je suis partisan d’un boycott pur et simple de la médiatisation, évidemment ce n’est ni du gout des editeurs, ni de celui de ces universités. Je crois qu’a vouloir débattre avec les batteleurs professionnels que certains politiques sont devenus on risque : au pire le discrédit, au mieux de participer à un brouhaha qui sera remplacé par un autre après une page de publicité.

      Ce qui me géne le plus c’est en tout cas l’impossibilité de dire "ce n’est pas moi qui ait fait ce boulot seul, c’est moi avec untel et untel sans qui je ne suis rien... etc"

      Alors voilà mon avis, l’interview que tu as réalisé est trés interessante à plus d’un titre.

      Je prépare un second épisode à ce texte que j’avais publié sur Uzine le 20 octobre 2001, il ne sera malheureusement pas mis en ligne sur Uzine qui a décidé de se "recentrer" sur le cyber-espace, internet etc...
      Ma derniere proposition d’article a été l’objet de sarcasmes, de critiques, et d’un familiarité méprisante qui justifie que je n’ai plus rien a y faire.

      Quand le centre d’un webmagasine sur internet devient internet, ça donne une idée de ce vers quoi on va...

      A suivre sous d’autres latitudes

      O.A

  • Le 13 mars 2003 à 10:53, par ?

    tous les passeurs, mafias, du monde entier vous remercient de votre action. Sans votre soutien, ils gagneraient un tout petit peu d’argent en moins. Il serait grand temps que vous fassiez le nécessaire pour avoir un esprit un peu plus large et d’être un peu plus au courant de ce qui se passe dans le reste du monde sur ce sujet délicat. Arretez tout de suite de lire Libération ! Cela vous fera le plus grand bien à vos neurones.

  • Le 22 octobre 2003 à 16:52, par Yolanda

    Je suis anglaise et je recherche l’immigration en France pour mes etudes de francais. J’etais vraiment choquee par cet article et je pense qu’il demontre la necessite pour la France de maitraiser l’immigration plus effectivement. Les gens a Sangatte ne pevent pas etre decrits comme "les gens" parce qu’ils ont perdu leurs identites et les aspects de la vie que vous fait humain.

  • Le 24 octobre 2005 à 17:34, par Joseph

    L’article d’Olivier Aubert me surprend et m’attriste car les propos qu’il emploie et les faits qu’il relate sont les memes que ceux observés directement par le journaliste italien de l’espresso, Fabrizio Gatti, au mois d’octobre 2005 (cliquer sur http://www.espressonline.it/eol/fre...).

    Octobre 2001 et octobre 2005 : l’histoire se répète inlassablement et devant l’indifférence de tous.

    Olivier Aubert, à l’instar de Fabrizio Gatti, ne parle pas uniquement du malheur des migrants cherchant un mieux-vivre et une chance de se trouver un autre avenir ailleurs. Son récit dénonce notre dérive intellectuelle, notre incapacité imaginative à trouver des solutions viables et crédibles et, enfin, notre contradictoire quete de sécurité.

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