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La Merguez Enchantée

In Couscous Veritas...

lundi 24 juin 2002,

Le débat millénaire fondamental est enfin accessible à tous, grâce au web, porté par les militants internautes de la diaspora méditerranéenne, que l’on salue ici comme il se doit. D’autres débats sont en cours sur le web et ailleurs, qui visent à savoir enfin ce qu’est quelqu’un de gauche, ou un terroriste, voire ce qu’est une information, une donnée personnelle, toutes préoccupations certes utiles et nobles, mais dont la complexité est loin d’atteindre celle de la question fondamentale : quelle est la Vérité en matière de couscous ?

Un vrai couscous, pour les gens frivoles et incultes, c’est ce qui se mange dans un restaurant spécialisé, plutôt qu’à la maison en ouvrant une boîte. Loin de nous l’idée qu’il n’y en a pas de bons. Mais le Bien et le Beau sont une chose, le Vrai en est une autre. Les restaurants ne proposent que leur couscous, qui ne peut être le vrai couscous, s’agissant de production en série, pour un goût moyen, et un type de clientèle. Le vrai couscous niche donc ailleurs, quelque part sur la planète.

Pour les vrais du vrai, c’est bien différent. Ils savent. Des internautes, emportés par leur passion, vont même jusqu’à prétendre en ligne que le roi des plats, c’est le leur. Idem pour "l’authentique". Minute, les prétentieux, ça se discute au moins. Les internautes sont bizarres, en la matière comme en d’autres, ils pensent tous que le vrai c’est le leur, parce que c’est celui de leur mère qui les aime. Il y a aussi des éléments objectifs dans l’évaluation, tout de même. Je vous livre quelques termes du débat et de la quête, qui agitent la couscoussophilerie internationale, comme l’attestent les posts de forum newyorkais : However, it seems that any North African joint in Paris can serve up a credible couscous, with a nice big bowl of broth and veggies, whereas the couscous in New York is frequently dry and tasteless. I haven’t been to *** for a long time, but the couscous there was never very good either. Help !. L’internet solidaire se manifeste aussitôt, là bas comme ici Demarchelier, (50 East 86th Street, east of Madison), has been serving a very good version of couscous as a special on Tuesday evenings. Much better than ***. Check before you go. Vive le net. On est néanmoins d’accord sur l’essentiel : même quelconque, c’est bon pour la santé, et le phosphore...

Mais que de conflits......Avec la graine, déjà, ça commence fort. Les fractions intégristes ne la conçoivent que roulée à la main, c’est à dire fabriquée par le cuisinier, à partir de semoule de blé dur, et regardent de haut ceux qui l’achètent toute faite en paquet de carton. Je serais assez d’accord, vu mon éducation semi chaouïa, ça se roule assis par terre, et ça prend du temps. Cependant, les intégristes sont en déclin, il faut vivre avec son temps. On trouve toutefois encore trace de ce débat sur le web, par exemple sur le site d’une université américaine (c’est dire le sérieux de la chose si on en cause jusque dans le Wisconsin... Il faut garder présent à l’esprit le fait que le couscous qu’on trouve dans les stores, n’a rien à voir avec celui roulé par les femmes algériennes. Bien sûr, une telle formulation ne semblera pas correcte aux tunisiens et marocains...

Sacré débat sur le roulage. Mais pour le vrai fanatique, c’est trop imprécis encore, car on ne sait si l’auteur vise un roulage arabe ou berbère, et dans ce dernier cas, kabyle ou chaouia par exemple. Je suis désolé de porter peine à tant de gens, mais disons le, le roulage chaouia des Aurès est le meilleur du monde, à mon avis. Ceci dit soyons tolérant, la graine toute faite n’est pas mauvaise. Comment est-elle fabriquée ? Grâce au web vous avez le process en ligne.

Second conflit rude, pour ceux qui ne se cassent pas à rouler, faut il de la fine ou de la moyenne. Cette question d’importance capitale est évacuée dans des recettes de cuisine en ligne, c’est curieux, et ça jette le discrédit sur le web, qui pparaît du fait comme un lieu d’informations peu précises. Ma position est nuancée sur ce point. Pour travailler à la manière saharienne, je trouve la fine supérieure. Sinon, la plupart du temps, de la moyenne, oui. Autre motif joint de discorde, mais vite réglé chez les vrais. Certains font cuire la graine dans l’eau, abominable hérésie de citadins pressés et peu informés...La graine doit être légère, Bérengère, alors s’il te plaît, à la vapeur, pas à l’eau, après l’avoir mouillée (1 litre d’eau de source de l’oued Saf Saf, ou, à défaut pour les fainéants, du robinet, pour 1 kilo de graine).

Mais les plus rudes différends sont générés par la conception de l’ensemble, l’architecture du système, en sorte. On a la graine, des légumes et des fruits, de la viande, ou du poisson, ou rien pour les végétariens. Faut-il absolument des boulettes ? Au risque d’un sévère débat ou je serai traité avec mauvaise foi de Méchant et de "menteur, comme tous les ashkenazes" , je répondrai que non. On en met si on veut, et surtout si on sait les faire, sinon c’est degueu les mauvaises boulettes. Des morceaux bien choisis de mouton (épaule, collier, crosses de gigot, queue), des vraies merguez (de mouton), ou du poisson si on est en bord de mer, ou bien du poulet à la rigueur, suffisent.

Je déconseille vivement les tentatives avec lapin ou porc, pas seulement parce que les Livres (et pas le seul Lévitique) sont contre, mais parce que ce n’est vraiment pas terrible, et injurieux pour certains de vos invités. Or, le couscous, comme le net, sert à la reliance et la convivialité (si, si). Quelqu’un m’a même mis des pommes de terre à l’eau un jour. Je n’ai rien osé dire, mais quelle abomination… Les carottes, pois chiches, navets, courgettes, céleri, haricots, oignons, coriandre, tomates, cardons, féves fraîches suffisent. Ou même aucun légume, si la graine est très bonne (et légère), et le beurre suffisamment vieux. Pruneaux ou raisin sec si on veut. Et pourquoi pas à la Suisse, sucré au petit déj, ou au lait, ou safrané, ou au choux, ou aux tripes. Et, mais juste pour faire plaisir à ceux de l’ouest, pourquoi pas un couscous de Cornouaille.

C’est que, une fois respectés les fondamentaux, le couscous est une machine flexible, comme l’internet... La diversité des usages, voyez vous. Cependant, où doit cesser la tolérance, et que dire devant l’effroyable imposture du réseau breton qui prétend à la place de fondateur du couscous au motif que ces gens mangent un mélange de semoule de blé noir, de cochon et de poireaux...Là je dis halte, messieurs, la vraie galette, ok, le couscous, non !. Mais ces gens sont obstinés et ils préparent en secret un ouvrage tendant à démontrer, photos à l’appui, que le couscous n’est qu’un dérivé du Kig ha farz, et que (cherchons à qui le crime profite) c’est l’habituelle alliance arabo-franco-juive qui fait croire le contraire avec la complicité du Capital hostile au porc breton. On aura tout vu ! Sans compter les autres pays émergents dans la couscousserie, qui font semoule de tout (voir la manière ivoirienne), on n’a pas fini, je vous le dis...

La question de la boisson, enfin, crée des difficultés supplémentaires. Pour ma mère, c’est simple, on ne boit pas avec le couscous. Radical. Pour d’autres intégristes, de l’eau convient le mieux. Soyons tolérant et mettons sur la table, ou sur le sol si on veut vraiment manger selon les règles, des boissons diverses, sauf du coca, naturellement, mélangé à la graine, ça rend fou cinglé, c’est prouvé. Les bretons peuvent prendre du cidre ou du chouchen, avec les conséquences dommageables que l’on sait...

Le problème du rot de fin de repas semble ne plus faire débat, la bienséance des civilisations du nord (ce qu’on appelle occident je ne sais pourquoi) l’interdisant désormais, sauf silencieusement en regardant ailleurs. Mais si on est entre soi et que l’on a la politesse de l’hôte…

Tout ces différends évoquent sans doute pour certains les tortueux et passionnés débats d’interprétation coranique ou talmudique, par Anauel le Subtil !, bien que des oecuménistes déploient de l’énergie pour mettre fin aux querelles et que d’autres bienfaiteurs donnent la recette de la mère de leur mère, socialisant ainsi des données personnelles sensibles. Pour d’autres enfin, les tekos qui ont la fibre parabolique, si l’on ose dire, ça évoquera irrésistiblement la question de savoir ce qu’est le vrai internet. Et là, on ne peut pas répondre : c’est celui de ma mère… Mais on peut toujours dire, c’est celui que je fais.

Vos commentaires

  • Le 25 juin 2002 à 14:37, par ?

    Elle est bien jolie ta merguez, mais tu étais obligé de vomir ta bile sur les celtes ? Après deux verres d’eau en plus, ça fait petit joueur ...

    • Le 25 juin 2002 à 15:00, par Lirresponsable

      Non mais ça Harry, c’est parce que je lui ai demandé d’où venaient le blé qui sert pour la semoule de blé et les légumes... :)

      • Le 25 juin 2002 à 15:27, par Tiresias

        Sous l’Empire romain, la Numidie prospérera. Ses grandes propriétés produisent d’énormes quantités de céréales et d’huile d’olive, on l’appelle même "le grenier de Rome".

        Toutes les réponses aux questions malveillantes sont sur le web... :)

        • Le 25 juin 2002 à 15:50, par empécheurdetournerenrix

          La véritable question est plutôt de savoir où était la cuisine ... car on ne prépare pas son manger au grenier, si ?

        • Le 25 juin 2002 à 15:55, par Lirresponsable

          Sous l’Empire romain, la Numidie prospérera.

          Ah, ah , ah ! Le coup du Numide ! Coucou à Scipion l’Africain !

          Ses grandes propriétés produisent d’énormes quantités de céréales et d’huile d’olive, on l’appelle même "le grenier de Rome".

          Est-ce à dire que ces grandes propriétés se sont maintenues des siècles et des siècles, sans les Romains (en général, les esclaves ne sont pas propriétaires) ? Et les Vandales (qui mangeaient aussi de la bouillie) ? :)

          On constate plutôt, en Europe, avec la chute de l’Empire, la fin des infrastructures (routes, aqueducs, égouts, etc.)...

          Allez, j’arrête de te taquiner :

          • Le 25 juin 2002 à 16:12, par K-R

            "Allez, j’arrête de te taquiner"

            > Ben pourquoi ?? Pourtant, un sage parlait en ces termes : "écraser ses adversaires, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes, voilà ce qu’est le bonheur !" , il disait pas que des conneries le bougre ! ;o)

            • Le 25 juin 2002 à 16:25, par Lirresponsable

              Oui, le même qui eut accès à l’écriture... Ils avaient dit qu’il viendrait, un homme du Nord d’une très grande force, un conquérant ! Qui renversera les serpents de la Terre !

      • Le 25 juin 2002 à 15:42, par un ami qui vous veut du bien

        Question de logique en effet, mais l’usage du blé permet bien des productions, dont la bière n’est pas des moindres.

        • Le 25 juin 2002 à 16:20, par Lirresponsable

          l’usage du blé permet bien des productions, dont la bière n’est pas des moindres.

          Ouais, la blanche...Enfin c’est toujours mieux que du couscous à l’eau ! :))

          Ami lecteur, cet été au lieu de bronzer idiot, fabrique de la bière grâce aux amis de la bière

          • Le 25 juin 2002 à 16:41, par garçonbouchix

            "Enfin c’est toujours mieux que du couscous à l’eau !"

            > chez nous on a un dicton ... c’est quoi déjà ? :))

            • Le 22 juin 2004 à 23:41, par maqueue

              tout ch’ti qui pisse tient c’biroute dun ch’main !
              c’est ça notre dicton d’un ch’nord !

  • Le 15 juin 2004 à 12:45, par JPaul

    Moi ce qui m’aurait intéressé pour un problème de fête de quartier c’est de savoir combien de merguez y’a dans un kilo de merguez ? Et pas de réponses du style "ça dépende de la taille". Je parle de la merguez standard, moyenne, honnête, faite par le petit artisan du coin qui aime bien son métier, qui ne pèse ni ses mots ni sa viande hachée à enfourner dans le boyau. Donc, je reformule : en moyenne, dans un kilo de merguez, y’a combien de merguez ? Ca me permettra de savoir combien de kilos il faut que je prévoie de transporter pour 300 merguez.
    Merci
    JPaul

    • Le 22 juin 2004 à 23:37, par ?

      Une merguez moyenne pése environ 150 grammes.
      Si tu veux savoir combien de kilos tu devras
      transporter alors cela sera aux environs de
      45 kilos.

    • Le 14 janvier 2006 à 20:28, par ?

      environ 4 douzaines. de rien, n’hésite pas si je peux encore t’être utile.

    • Le 30 mars 2006 à 21:19, par ?

      Intéressés par la merguez ??
      Visiter http://merguez.romandie.com/

      Meilleures salutations

      Un amateur

    • Le 21 avril 2006 à 17:52, par chie paul latta

      on parle de parite et on ne mentionneque des mere guez jamais des pere guez alors que sans la "meguez"du pere guez il n’y a pas de mere guez ni de merguez.a rectifier sans tarder pour mettre un peu de piment dans la vie de votre knack flasque

      bien a vous Chi-Paul Latta

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